Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Un patriarche et homme politique s'exprime sur le Cameroun ...

Laurent Justin ATEBA YENE

Elite du département du MfoundI, président du comité de base  RDPC de MfoundassI III, Patriarche, membre du Conseil des sages du canon de Yaoundé. Il est de tous les combats sociaux qui peuvent l'engager. Il est de tous les fronts, pour le bien-être des différentes couches de la population qui l'acceptent et le lui rendent bien. Il occupe un poste essentiel au sein de l'association des vanniers du département du Mfoundi. Laurent Justin ATEBA YENE est une personnalité que nous avons bien voulu vous faire découvrir.

 

 ATEBA YENE.jpg

Mbolo Cameroon :

 Depuis que vous êtes rentré au pays après plusieurs années  passées en occident, pouvez-vous nous dire quelle idée vous faites du paysage médiatique camerounais ?

Laurent Justin ATEBA YENE : « Je voudrais vous remercier d'être venu me voir  et me faire l'honneur de pouvoir vous dire  et donner ma position sur des questions qui nous sont chères.

Depuis que je suis rentré, j'ai constaté que l'information ne circulait pas très bien et qu'il y a un problème de communication entre  la ligne étatique et la base. Je prends un exemple simple. Lorsque nous nous sommes rencontrés, je sortais d'une ballade à pied, à la vue de beaucoup de militants de mon parti, j'ai demandé à un président de comité de base de mon ressort pourquoi ce mouvement chez lui ? C'est alors que  j'apprends qu'il y avait une réunion à la quelle devait prendre part un ministre. C'est autant de choses. A la question de savoir quels sont les changements par rapport à il y a 30 ans, je réponds qu'il y a trop à dire trop à débattre. On pourrait passer des semaines.

 

Mbolo Cameroon : Quels sont les aspects qui vous ont frappé s?

Laurent Justin ATEBA YENE « Honnêtement c'est le manque de conscience  qu'ont les camerounais. Je crois qu'il faudrait  un déclic moral pour un regain de conscience pour que les camerounais comprennent qu'il y a une dérive  qui les emporte. Je m'en réjouis par ce qu'il y a beaucoup de gens qui pensent comme moi. Parlant de morale, j'ai décrié  dans une émission en langue vernaculaire  l'uniforme de nos policiers. Quelques temps après ça a changé. Ils arborent désormais des uniformes tous neufs. Je m'en réjouis qu'il y ait d'autres personnes qui aient parlé de  cela. Revenons à la morale pour parler du président de guinée .équatoriale, OBIANG NGUEMA qui lors d'une visite éclair  au Cameroun, j'avais remarqué avec le Pr. Pius OTTOU  qui était à mes cotés  qu'un policier causait au téléphone portable pendant que le cortège présidentiel passait. Un autre policier à coté de lui avait les bras croisés, un autre à quelques mètres de lui  avait les mains dans les poches. Ils semblaient ne pas avoir le temps de se mettre au garde à vous. Ca n'a l'air de rien mais c'est  très grave. Autant qu'il y a des gens qui, pendant qu'on joue l'hymne national se promènent ou bavardent  au lieu de s'arrêter  ou d'arrêter toute activité. C'est pour vous dire que les populations ont atteint un seuil qui n'est plus acceptable. C'est un manque de patriotisme. Cette population  a perdu toute confiance .Mais il y a quand même moyen de remédier à cette situation. Vous savez, on dit souvent qu'un  menteur  n'est jamais cru même quand il dit la vérité. Nos populations ont ras le bol Il faudrait que nos hommes politiques essaient de tenir parole. Qu'on le veuille ou pas, je vais tout de suite donner du crédit au Président de la République S.E Paul BIYA, parce qu'il y a trente ans, vous ne seriez pas venus me voir  ici pour qu'on remette en cause  quoi que ce soit.  J e lui tire mon chapeau Vous remarquez que les médias écrivent tout ce qu'ils veulent  sans  verser totalement dans la dérive. Ils sont là pour nous rapporter des informations fidèles mais très souvent vous les Journalistes devez faire attention  aux informations qu'on vous donne. C'est sur ce petit point que  je demanderais de faire attention.

Par rapport à la bonne gouvernance, bien qu'étant éloigné, je ne sois pas coupé de certaines choses, je ne suis pas sceptique, encore moins pessimiste. Je crois  que les choses bougent surtout avec l'arrivée des Américains. Je m'en réjouis fortement. Je pense sincèrement à la volonté de notre président national  de vouloir  bien faire. Ce n'est pas de la démagogie, je ne fais pas dans la langue de bois, je ne suis pas communiste, je ne camoufle ni mon sentiment  ni la vérité. Je crois que monsieur BIYA a envie de bien faire mais vous le savez tous,  quand les intérêts particuliers sont préservés, les acquis le sont aussi.

 

Mbolo Cameroon : Parlons un peu de vous. Est-il facile d'être le fils de votre père, quand on sait qu'il ne faisait pas partie du parti au pouvoir, mais militait dans l'opposition et surtout ne plaisait pas par ce qu'il ne faisait pas dans la langue de bois ?

 

Laurent Justin ATEBA YENE : «Je vous remercie pour cette question.  Je voudrais vous dire que je crois beaucoup en Dieu. Merci au Seigneur Jésus-Christ par ce que c'est lui  qui me donne l'inspiration de pouvoir m'exprimer non pas seulement l'hypocrisie, mais selon la vérité. Votre question est assez sensible. Ce n'est pas facile d'être le fils de Théodore ATEBA YENE  qui était l'un des opposants  au gouvernement de Monsieur Paul BIYA. Je suis d'ailleurs surpris par ce qui se raconte  ou se dit. Mon père n'avait pas de problème personnel avec Monsieur BIYA. Je me rappelle qu'un jour aux Etats-Unis d'Amérique, il m'a dit «  Si tu as l'occasion de faire quelque chose pour le Cameroun, fais-le. » Je suis du RDPC, président de la sous-section RDPC MfoundassI III, tout le monde le sait. Mais ce qui m'a gêné  pendant le dernier renouvellement des organes de base du RDPC de l'année 2007, c'est qu'il était question que je sois  dans une liste ou une autre. Du fait que je me nomme ATEBA YENE, certains m'ont mené en bateau, mais nommé dans la commission de supervision. De ce double scrutin passé. Je ne vais jamais où je ne dois pas être, c'est certain.

 

Mbolo Cameroon : Dites-nous, vous êtes un Patriarche du Mfoundi. Que faites vous à vos heures perdues ?

 

Laurent Justin ATEBA YENE : Je lis beaucoup la bible et certains bouquins. Actuellement je lis une  œuvre écrite par Nicolas ATANGANA que je conseille d'ailleurs aux camerounais. Je l'ai trouvé dans  chez les vendeurs du quartier Mvog-mbi. Je lis aussi un autre bouquin sur comment éradiquer la pauvreté dans notre communauté.  Ce sont des choses très importantes  pour notre communauté. Quand vous écoutez le Président national  Paul BIYA  il ne manque jamais  de nous  inviter à nous engager  dans ce combat autant  que son épouse qui se bat beaucoup dans le social. Je pratique aussi beaucoup de sport  notamment les arts martiaux. (La boxe française). Je marche aussi pendant longtemps sur les orteils.   Je ne suis pas un homme violent. Je le fais pour mon équilibre.

Quand on parle de changement de mentalité, il y a un grand travail  éducatif à faire dans notre pays. Pour  ce faire, il faut que le leadership se lève. Parlant de sport par exemple, le président Paul BIYA  s'est levé un jour, il a pris sa bicyclette  et a montré les bienfaits  du sport (contrôle de la tension, du cholestérol entre autres.). Le pas été emboîté par les populations. On l'a accepté et aujourd'hui, beaucoup de personnes le font. Il y a 30,40 ans, mon défunt père ne pouvait le faire. On allait dire que ce sont les choses des enfants. Je crois qu'en toute chose, il faut éduquer les camerounais. Il y a des chantiers comme celui de l'attentat à la pudeur   et les  simulations sexuelles. Cette agression sexuelle systématique  sur nos enfants ou sur nous-mêmes  est criarde et porteuse de conséquences néfastes. Regardez un peu K-Tino et d'autres  artistes danseurs à la télévision. . Ce n'est pas normal qu'on montre  des choses comme ça à la télé camerounaise. On pouvait encore le faire à des heures tardives  comme le font certaines chaînes occidentales. Je suis déçu  par ce que je vois. Je respecte toutes fois les goûts des une et des autres, mais je crois que la liberté des uns s'arrête où  commence celle des autres. Parlant de démocratie, je crois que Paul BIYA est l'un des plus grands démocrates  de ce monde. Vous ne pouvez pas écrire  n'importe quoi  sur les gens si vous n'avez pas les preuves, sans que le procureur  ne vous traîne devant les tribunaux pour vous expliquer. Certaines personnes me disent que j'ai trahi mon père parce ce que je suis entré au RDPC. Je leur réponds toujours d'arrêter car ils n'ont jamais connu mon père. Parlant de ce dernier, tout ce qu'il disait, le RDPC le dit. Maintenant il faut se donner les moyens  de ce que l'on dit afin de les mettre en application.  Je constate seulement qu'il y a un peu de la délation  dans notre parti. Je le dis parce que je veux que ça change. Cette tare existe à certains niveaux. Pour revenir à mon père, tout ce qu'il disait s'avère être  vrai.. Qui n'est pas contre la corruption  si ce n'est pas celui qui la crée. Qui n'est pas contre l'attentat à la pudeur ? Qui est content de se lever le matin au milieu  des odeurs nauséabondes  parce que les rigoles  regorgent des urines ? Au carrefour Mvog-mbi, il était difficile à une certaine époque  de traverser parce qu'il  y avait  une rue d'urines. Quand je suis rentré des Etats-Unis d'Amérique, j'avais appelé les commerçants  et les riverains. J'ai attiré leur attention, ça  s'est atténué pendant un moment. Ce n'est plus comme avant...

 

Entretien: Didier ONANA © mbolocameroon@yahoo.fr  22 11 45 87

Les commentaires sont fermés.