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ECHOS DE LA FETE DU TRAVAIL 2010 au Cameroun

mvog betsi.JPGQUELLE FETE DU TRAVAIL 2010 AU CAMEROUN !

Les lampions de la 124 journée  internationale du travail se sont éteints au petit matin du 2 mai dernier. Une  commémoration qui n’a pas du tout été différente de celle des années passées. Et pour cause …

Comme il est de tradition, les travailleurs issus de tous les secteurs d’activités se sont mobilisés au sein de leurs entreprises respectives et dans d’autres lieux publics  pour des manifestations allant du sport à la remise des médailles aux travailleurs méritants en passant par les débats, les tables rondes  et autres réflexions sur le thème de la journée : Combattre les vulnérabilités en milieu professionnel .

Au Cameroun, le ministère en charge des problèmes d’emploi et de la sécurité sociale, a organisé toute une semaine d’activités. Celle-ci, c’est le cas de le dire n’a pas connu l’adhésion de tous les travailleurs à cause des contingences liées au rendement ou à la crainte de la baisse du niveau de production, de rendement,  du ralentissement des activités au sein des entreprises ou simplement du manque d’intérêt même pour cette journée.

Le clou des manifestations a toutefois été similaire à savoir : une marche commémorative précédée par les discours, des  responsables syndicaux de travailleurs qui ne ratent jamais l’occasion de cracher leur venin à l’endroit du patronat  puis ceux des pouvoirs publics. Enfin, les éternelles et très attendues réjouissances populaires. Chacun allant en fonction du volume du budget consacré, de son gout et de la perception qu’on a de cette journée.

A Yaoundé siège des institutions où nous avons passé la journée, plus que 4000 personnes, tous sexes confondus, issues de tous les secteurs d’activités se sont données rendez-vous au boulevard du 20 mai pour la grande parade( ?).Il y avait à voir et à entendre. Coté vestimentaire, l’on est allé des simples tricots de 200 francs qu’arboraient les employés de certaines entreprises au costumes en passant par le très envié et respectable tissu pagne conçu aux couleurs et à l’effigie des entreprises. Les gadgets et autres produits fabriqués ou réalisés par les défilants ne sont pas passés inaperçus. Parapluies, pâtisseries, produits avicoles comme ceux de la ferme avicole de Mvog- betsi. Un fait remarquable cependant pendant cette marche, le brassard de couleur noire qu’arboraient les personnels des médias à capitaux privés. Explications de STEVE SEKE, un journaliste : « Le brassard noir que nous arborons ce jour est un hommage que nous rendons à notre frère BIBI NGOTA décédé le 22 avril dernier à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Paix à son âme. Je souhaite seulement que nous les journalistes essayions de nous rassembler, de nous unir afin de sortir une véritable association forte, dynamique pour la défense de nos droits et de nos intérêts. »

Coté discours, il y en a eu. Le charismatique syndicaliste Louis SOMBES dans son propos n’ a pas du tout été tendre vis-à-vis de certaines multinationales qu’il a vertement indexés disant qu’elles sont venues au Cameroun « intoxiquer l’atmosphère ». Si vous passez a-t il dit du coté de l’ancien aéroport, « vous verrez les fumées qui sortent de quelque part. Tout  ce qu’ils ont pensé investi au Cameroun, ce sont ces fumées là.les brasseries du Cameroun pour ne pas les nommer. Vous ne verrez pas un seul immeuble appartenant aux brasseries… vous ne verrez aucun immeuble appartenant au groupe Bolloré. Bolloré est au transit du bois, au transport du bois, à la coupe du bois, à l’assurance du bois, et au dragage du port. Bolloré est partout. Il ne lui reste qu’à habiter à la présidence de la république. Vous ne verrez pas une entreprise comme orange Cameroun en dehors de la publicité sur les maillots avec un bâtiment quelque part. Ils veulent acheter Camel. Est-ce que vous acceptez ça ? Est ce que ce sont les entreprises citoyennes ? Quant au PMUC, les contrats de travail sont définitivement temporaires. Au pmuc, tous les employés que voyez dans les kiosques n’ont pas de contrat de travail. On ne peut pas parler d’allocations familials. Tout cela se passe sous la barbe de vous et moi. Je m’arrête ici monsieur le ministre pour ne pas gâcher la fête  Mais je voudrais vous dire que nous sommes prêts à dénoncer ces employeurs véreux. »

Prenant la parole en guise de réponse, Robert NKILI le ministre en charge des problèmes de travail et d’emploi, dans un ton parfois humoristique n’a malheureusement ni convaincu, ni  enflammé les foule.

« Après avoir écouté les nombreuses préoccupations exprimées tantôt au nom des masses laborieuses  par les responsables syndicaux, je constate de toute évidence que qu’il s’agit d’une commémoration. » Robert NKILI a ensuite fait l’historique de la journée internationale du travail et brossé la situation dans les entreprises camerounaises. « Je ne vous apprends rien, vous le savez bien, dans nos entreprises, nos usines, nos industries, nos plantations et même dans nos services publics, les violations des droits des travailleurs sont hélas monnaie courante…. Cette situation est inadmissible. La violation des droits des travailleurs  et les multiples vulnérabilités  constatées en milieu professionnel  sont des faits et gestes qui dégradent  et fragilisent la vie des individus. Ces vulnérabilités en milieu professionnel sont malheureusement légion. On peut citer le sous-emploi, la surexploitation de la main d’œuvre dite bon marche. Je pense particulièrement au personnel domestique  et à tous ces gagne petits qui s’expriment dans l’informel. Un phénomène qui prend de l’ampleur dans notre pays au fil des années. Puis il a aussi évoqué les problèmes tels que les risques professionnels, les harcèlements, les licenciements abusifs les  accidents de travail qui portent atteinte à l’intégrité physique et morales des travailleurs.

C’est par une note d’humour qui n’a pas fait rire les gens que le ministre robert NKILI a terminé son discours de circonstance.

Didier ONANA©mbolocameroon 22 11 45 87.

mbolocameroon@yahoo.fr

 

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