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jeudi, 17 mars 2011

Journée mondiale de l'eau:Eau pour les villes: un défi urbain

Journée Mondiale de l’eau

 

 

En prélude à la célébration de la journée mondiale de l’eau le 22 mars prochain, nous engageons la publication d’une série d’articles sur notre blog. Voici une interview d’une personne ressource.

Pourquoi la question de l’eau a-t-elle pris tant d’importance sur l’agenda mondial?

Carlos R. Carrión-Crespo: De bien des manières, l’accès à l’eau est une des voies essentielles pour réduire la pauvreté. Garantir l’accès à l’eau permettrait de prévenir plus de deux millions de décès par an, d’augmenter la capacité à travailler de nombreuses personnes et de réduire le travail des enfants et l’absentéisme scolaire. Récemment, davantage d’attention a été accordée à la nécessité de s’adapter au changement climatique parce qu’il affecte notre capacité à fournir de l’eau potable à tous. C’est pourquoi l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré en 2010 que l’accès à l’eau potable était un droit de l’homme.

Comment l’OIT peut-elle contribuer à apporter une eau propre et saine aux communautés?

Carlos R. Carrión-Crespo: Satisfaire les besoins croissants en matière d’eau et d’assainissement, en particulier dans les villes, est l’un des problèmes les plus criants de ce siècle. Employeurs et travailleurs prennent une part active dans la distribution d’eau. L’OIT encourage vivement la participation des travailleurs et des employeurs aux réformes du service public de l’eau et à la création d’emplois dans les infrastructures nécessaires à la gestion de l’eau. Les réformes de l’approvisionnement en eau qui prennent en compte les dimensions sociales du problème remportent un large soutien de la part des travailleurs, des employeurs et des citoyens. Qui plus est, ces activités peuvent contribuer à lutter contre le travail des enfants en facilitant l’accès à l’eau.

Quels sont les liens spécifiques qui existent entre l’eau et le monde du travail?

Carlos R. Carrión-Crespo: Les liens sont nombreux. Pour n’en citer que quelques-uns: un accès insuffisant à l’eau est un frein à l’activité économique et à l’éducation; le changement climatique a un impact considérable sur les ressources en eau, et sur l’emploi et les revenus qui en découlent; les maladies qu’engendre une eau de mauvaise qualité réduisent la productivité et pèsent sur le système de santé d’un pays. D’un autre côté, si l’on garantit véritablement la mise à disposition d’infrastructures pour l’eau en zone rurale, on améliore l’accès aux moyens de subsistance. De plus, des emplois verts peuvent être créés en améliorant les infrastructures liées à l’eau, y compris les activités forestières.

Quelles sont les conséquences de l’accès à l’eau sur l’éducation et le travail des enfants?

Carlos R. Carrión-Crespo: Quand l’accès à l’eau potable n’est pas garanti, c’est aux femmes et aux enfants qu’incombe l’essentiel des corvées d’approvisionnement en eau. En améliorant l’accès aux services de base, on se dote d’un puissant outil pour réduire le travail des enfants et améliorer leur taux de scolarisation. Deux types de services semblent particulièrement concernés dans ce contexte – l’eau et l’électricité. L’absence d’accès à l’eau valorise le temps que les enfants passent hors de l’école parce que l’on a besoin d’eux pour prendre en charge la collecte de l’eau ou pour aider à couvrir les frais d’approvisionnement en eau. Des études par pays, menées en El Salvador, au Ghana, au Guatemala, au Maroc et au Yémen, ont montré que le pourcentage d’enfants travaillant à temps plein est bien plus élevé et le taux de présence à l’école à temps plein bien plus faible chez les enfants vivant dans des foyers qui n’ont pas accès à l’eau ni à l’électricité.

Quelle est la contribution de l’OIT à la Journée mondiale de l’eau?

Carlos R. Carrión-Crespo: A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2011, ONU-Eau va organiser un événement planétaire centré sur la gestion urbaine de l’eau: l’OIT va mettre en exergue la contribution du monde du travail à des solutions de long terme à cet égard. Plus précisément, nous allons organiser une activité dédiée à la Journée mondiale de l’eau le 18 mars à Tagaytay, aux Philippines. Pendant cet événement, l’OIT présentera un plan d’action qui permettra aux travailleurs et aux employeurs de participer à la réforme du secteur de l’eau aux Philippines. Le plan va étudier la manière dont les entreprises du service public de l’eau peuvent être les partenaires des associations d’employés afin de trouver des façons concrètes d’établir un partenariat efficace en vue de créer des services publics de qualité.

Qu’en est-il des activités de l’OIT liées à l’eau dans d’autres pays?

Carlos R. Carrión-Crespo: L’OIT travaille avec les gouvernements à l’identification des priorités pour investir dans des infrastructures qui créent des possibilités d’emploi et apportent l’eau aux communautés. L’OIT aide aussi les gouvernements, les travailleurs et les employeurs à promouvoir des réformes durables et participatives de la distribution d’eau dans des pays comme le Nigéria, le Malawi et le Pérou afin d’améliorer l’accès à l’eau potable.

Qui plus est, le Programme Emplois verts de l’OIT participe aux efforts déployés à l’échelle internationale pour le développement durable – dans le cadre des discussions sur Rio +20 et la CCNUCC – pour s’assurer que les dimensions sociales et d’emploi soient prises en compte. En particulier, l’OIT encourage une «juste transition» des travailleurs et des ménages vulnérables vers un monde du travail transformé par le changement climatique et d’autres défis environnementaux.


Un partenariat entre un organisme américain et des Éthiopiens apporte l'eau dans des villages.

Source : site de l’OIT

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Etienne Didier ONANA

Par Karen Calabria
Correspondante

New York - Quand Lori Pappas arriva il y a trois ans dans la vallée du fleuve Omo, dans le sud-ouest de l'Éthiopie, la première chose qu'elle entreprit fut d'évaluer les puits d'eau en fonctionnement dans la région.

« Nous avions trouvé 129 puits creusés au cours de la décennie écoulée. Mais moins d'une dizaine d'entre eux fonctionnaient encore », a déclaré Mme Pappas, ancienne informaticienne et fondatrice de l'organisation caritative Global Team for Local Initiatives (Équipe mondiale pour des initiatives locales ou GTLI de son sigle anglais).

« D'autres organismes ont creusé des puits mais sans fournir à la population une formation pour pouvoir les réparer ou gagner de l'argent pour acheter des pièces de rechange », a-t-elle souligné.

C'est exactement le changement que Mme Pappas et GTLI cherchent à apporter en Éthiopie. Au cours des dix dernières années, le gouvernement éthiopien a redoublé d'efforts pour accroître l'accès à l'eau potable de ses 91 millions de citoyens. Cela s'est traduit par une amélioration remarquable du nombre d'Éthiopiens ayant accès à de l'eau salubre, passant de moins de 20 % de la population en 2000 à 68,5 % aujourd'hui, selon une récente étude gouvernementale. Cependant, l'eau propre demeure rare dans la plupart des régions reculées du pays.

Dans la vallée du fleuve Omo, par exemple, où les 46.500 membres de l'ethnie Hamar, autrefois nomades, se heurtent à un terrain inhospitalier et aux conséquences des changements climatiques, les femmes et les filles passent plusieurs heures par jour à chercher de l'eau. Le puits le plus proche est souvent un trou profond creusé dans le lit d'une rivière saisonnière où l'eau est polluée par des matières fécales.

La situation fait que 92 % des Hamars qui vivent à Itu et Galcide, deux villages reculés du secteur sur lequel la GTLI se focalise, souffrent de maladies hydriques et infectieuses qu'il est possible de prévenir, selon l'enquête initiale de l'organisation.

Grant Meiner, du Nor'wester Rotary Club de Port Angeles (État de Washington), a joué un rôle crucial dans le financement de la GTLI, de concert avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et plusieurs autres bailleurs de fonds. Il ne mâche pas ses mots quand il affirme que la situation est urgente.

« C'est une tribu de gens qui ont besoin d'aide, désespérément et immédiatement. Ils ont été contraints à devenir sédentaires et n'arrivent pas à s'adapter. Cela a entraîné des pertes humaines et pourrait mener (...) à leur extinction », a dit M. Meiner.

Mais comment peut-on susciter des changements dans le comportement d'un peuple qui pratique depuis des siècles les mêmes coutumes ancestrales - un peuple terre à terre qui se sent à l'aise et pense avoir raison ?

Trouver les réponses à cette question est la force motrice de GTLI.

« GTLI comprend à quel point notre culture est difficile, les nombreuses responsabilités que les anciens doivent assumer et l'importance du respect à l'égard des enseignements de nos ancêtres », a déclaré Bali Sudu, un sage Hamar, en parlant du partenariat forgé entre la GTLI et sa communauté.

Bien que les membres de la GTLI aient réussi à creuser trois puits à ce jour, l'aspect le plus important de leur travail est la communication avec les Hamars, a dit la directrice exécutive de l'organisme, Mme Robin Simons. Des présentations sur l'amélioration de l'hygiène et les pratiques sanitaires, faites par des Hamars formés par la GTLI, contribuent à assurer que les puits continueront à fonctionner de manière salubre.

« La partie la plus cruciale du projet n'est pas la construction des puits mais la formation sanitaire et hygiénique. Creuser des puits ne fournit pas de l'eau propre à long terme. Les puits cessent de fonctionner, l'eau devient polluée », a-t-elle dit. La clé de la durabilité est une collectivité déterminée à protéger sa santé, a ajouté Mme Simons.

Et son organisation, qui ouvre sur le terrain depuis 2009, a pu observer des changements dans le comportement des communes qu'elle sert.

Pour Ama Oita, une chef d'entreprise Hamar, le fait que la GTLI ouvre de concert avec la communauté sans imposer simplement ses propres traditions, explique pourquoi « les Hamars feront ce que l'organisation leur dit qu'il est bon de faire ».

« Ils ont été très réceptifs parce que nous avons passé beaucoup de temps sur le terrain à gagner leur confiance et avons travaillé de pair avec les ancêtres. Très souvent, les organisations arrivent et donnent de l'argent aux gens pour apprendre. Nous ne faisons pas cela. Nous les aidons à s'aider eux-mêmes », a dit Mme Pappas.

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Etienne Didier ONANA

Source : site du gouvernement américain

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