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mercredi, 02 novembre 2011

Sa Majesté AMOUGOU OWONA ouvre les portes d' EWANKAN

Le Chef.jpgSa Majesté A AMOUGOU OWONA Joseph Bienvenu Chef du quartier Ewankan ouvre ses portes.
Il se présente comme « Kolo Beti » du groupe Mvog Belinga Emombo KOUNOU, Chef traditionnel du 3e degré. Il est enseignant marié et père de plusieurs enfants.
Question : Quel regard jetez-vous sur la chefferie traditionnelle au Cameroun ?
Réponse : « La chefferie traditionnelle doit servir de base, la base même de l’Etat, base de la Société. Au Cameroun, nous avons l’impression que cette chefferie est scindée en deux parties. Une première où elle est fortement implantée et une seconde où elle n’existe presque pas. Dans les régions du grand Nord, grand Ouest, la chefferie traditionnelle est forte. C’est tout à l’opposée des autres régions où elle n’existe presque pas parce que le chef ne représente rien pour les populations. C’est pour ça que nous souhaitons que dans tout le Cameroun, l’Etat essaie de faire quelque chose pour que véritablement le chef traditionnel soit le même. Au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest.
Question : Avez-vous au niveau du grand Sud entrepris des démarches auprès des pouvoirs publics pour qu’ils réussissent à asseoir ou à restaurer l’autorité perdue ou inexistante de la chefferie traditionnelle telle qu’elle devrait être ?
Réponse : « Je crois que les chefferies c’est d’abord un Etat. Comme vous le dites, il faudrait d’abord que les chefs eux-mêmes soient conscients du statut qu’ils incarnent. Ils doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour amener les pouvoirs publics au Cameroun à les reconnaître et à les soutenir. Evidemment on ne peut pas soutenir quelqu’un qui ne fait rien à son niveau. C’est pour ça qu’ils doivent prendre conscience du fait qu’ils représentent la base. Ils doivent être des figures de proue, des exemples pour leurs populations. Ce n’est que dans ce sens que l’Etat pourra éventuellement les soutenir de manière efficace.
Question : Majesté on a remarqué dans le grand Sud une certaine misère des chefs traditionnels. D’après vous, quelles solutions pour les en sortir ?
Réponse : « Le chef est lui-même à l’origine de cette situation. Généralement, la majorité n’est pas consciente de ce qu’ils incarnent. Il y en a qui sont conscients et qui travaillent pour que ce statut soit maintenu et réconforté. L’Etat ne peut soutenir que ce qui est déjà. C’est l’ensemble de la chefferie qui doit poser les jalons. C’est après l’avoir fait que l’Etat peut les soulever.
Question : Il y a quelques années, on voyait les chefs traditionnels mal habillés, dépourvus et très endettés, sans connaissances académiques avérées. Aujourd’hui, cette situation a changé. Est-ce que cette évolution apporte un plus à la perception et à la considération qu’a la population des chefs dans le grand Sud Cameroun ?
Réponse : « Aujourd’hui vous trouverez encore des chefs mal habillés, des chefs qui ne savent ni lire, ni écrire, des chefs pauvres. Mais à côté de ceux là, il y en a qui sont le contraire de ceux que vous décrivez. Des chefs qui savent s’habiller. Le monde avance. Le chef vit dans un contexte où il est moulé. Un Chef qui est conscient de son statut doit savoir lire et écrire, il fait tout pour être un modèle et aller au-delà. Il doit être au besoin la principale élite. La figure de proue, l’exemple même pour ses habitants et pour ceux qui le soutiennent et le regardent.
Question : Majesté, est ce votre cas vous aussi ? Parlez-nous des relations que vous entretenez avec les différentes élites de la capitale, particulièrement celles de Yaoundé IV ?
Réponse : « Le chef est une passerelle, la chefferie un carrefour. Dans un carrefour donc, le monde y vient, passe et le chef doit recevoir tout ce monde. Il doit aider tous ceux qui le sollicitent. C’est ça le rôle du chef. C’est-à-dire, faciliter la vie. Mes relations avec les élites sont bonnes. Je n’ai de problèmes avec personne. L’Elite est d’abord un administré. Moi je ne fais par de différence entre élite et le reste.
J’entretiens de bonnes relations avec toutes les élites et toutes les populations quelles que soient leurs origine ou provenance, j’ai sous mon autorité environ quatre mille personnes issues de toutes les régions du pays.
Question : Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face à Ewankan ?
Réponse : « La principale difficulté, ce sont les routes, les voies d’accès. Nous n’en avons pas. Nous sommes obligés de bricoler avec les sentiers. Ensuite, il y a le grand banditisme. Il n’y a pas d’éclairage public. C’est un peu le refuge des grands bandits. C’est un quartier périphérique où se réfugient les bandits. Nous sommes l’un des rares quartiers ou village qui n’ait ni Collège d’Enseignement Public, ni école primaire publique, ni centre de santé, ni poste de gendarmerie. Nous sommes un peu un village perdu et nous souhaitons que les pouvoirs publics puissent enfin jeter un regard sur nous.
Question : Les échéances électorales approchent. N’êtes vous pas parfois courtisés par les différents concurrents ?
Réponse : « Cela va sans dire. A l’approche des élections, nous avons des marchands d’illusions c’est clair que c’est chacun qui nous fait des propositions. Mais en tant qu’ autorité morale, le chef traditionnel doit être égal à lui-même, faire ce qui est bon et bien pour lui, ses populations et son pays.
Question : Quels conseils pouvez-vous donner à la jeunesse ?
Réponse : « Je suis moi-même jeune. Je conseille à la jeunesse de travailler, travailler, travailler et travailler. Un travail bien pensé et bien mené. Ce n’est que ce chemin qui peut amener à la réussite et à l’épanouissement véritable.
Nous avons l’impression qu’aujourd’hui nous choisissons le chemin de la facilité. Les jeune choisissent le chemin de la facilité, ce chemin ne mène nulle part, le vrai chemin c’est celui de l’effort.
Propos recueillis par ESSINGANG.




18:42 Écrit par Bambino dans COMMUNE A LA UNE, Culture, LE PORTRAIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chefferie, tradition, culture, politique, enclavement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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