Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

lundi, 29 juillet 2013

Les Journalistes des Droits de l'Homme donnent leur point de vue

Communiqué de presse
Affaire de l’assassinat du journaliste –Infographe LEMBEMBE Eric Hubert.
Déclaration du Réseau des Journalistes Amis des Droits de l’Homme et des Libertés (REJADHL).
« Suite à l’assassinat du Journaliste –Infographe LEMBEMBE Eric Hubert le lundi 15 juillet 2013 à son domicile au quartier Tongolo à Yaoundé, nous, membres du Réseau des Journalistes Amis des Droits de l’Homme et des Libertés du Cameroun, condamnons avec la dernière énergie cet acte odieux et crapuleux qui, non seulement ternit l’image de notre pays, mais, viole de manière flagrante, les articles 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui dit : «Tout individu a droit à la vie, la liberté et à la sureté de sa personne » et 18 qui dit : « Toute personne a droit à la liberté de pensée , de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction», et enfin l’article 19 qui dit : « Tout individu a la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions… »
Le fait que feu LEMBEMBE Eric Hubert soit accusé d’homosexualité qui, nous le savons tous, demeure encre un délit au Cameroun, n’implique pas qu’il soit privé de vie.
Nous rappelons à travers ce qui suit, la situation judiciaire des homosexuels au Cameroun, et la position du gouvernement sur cette question.
Nous encourageons vivement les autorités camerounaises à mettre le paquet pour que les enquêtes engagées aboutissent, et que les coupables soient arrêtés et punis conformément à la loi. Nul n’a le droit d’ôter la vie à autrui.
Pour le Rejadhl
Le 2è Conseiller
Etienne Didier ONANA



La condition des personnes homosexuelles au Cameroun
La position camerounaise sur la question de l’homosexualité est constante et a été clairement exprimée au sein du Comité des Droits de l’Homme (CDH) en 2009. L’Etat a en effet rejeté la recommandation tenant à dépénaliser ce comportement qui lui avait été faite l’occasion de son passage devant ledit Conseil au titre de l’Examen Périodique Universel. Au sein du même Conseil dont il était membre, au cours de la session de 2011, le Cameroun a voté contre la résolution intitulée « droit de l’homme, orientation sexuelle et identité de genre ».
NB Cette résolution était portée par l’Afrique du Sud. S’agissant des Etats africains membres du Conseil, l’Ile Maurice est le seul à avoir voté pour la résolution. Les autres se sont soit abstenus (Burkina-Faso, et Zambie), soit ont voté contre (Angola, Cameroun, Djibouti, Mauritanie, Nigéria, Ouganda et Sénégal).
La justification de cette position tient du fait qu’en l’état actuel des Mœurs, l’homosexualité est une pratique contraire aux valeurs admises dans la société camerounaise.
L’homosexualité demeure une infraction constituée d’un acte matériel consistant à des rapports sexuels avec une personne de son sexe, (Article 374 bis du code pénal), auquel doit s’ajouter l’intention criminelle prévue à l’article 74 du même code. Il ne s’agit pas de poursuivre des individus sur la base des rumeurs et de soupçons d’homosexualité sans qu’aucun acte matériel n’ait été constaté, encore moins, de leur refuser l’accès aux soins de santé ou à tout autre droit sur la base de tels soupçons.
Tout acte de violence physique avéré et porté à l’attention des autorités judiciaires est puni conformément à la loi quel que soit son mobile et même dans le cas où la victime aurait subi une telle violence en raison de son orientation sexuelle, elle ne le dira pas, consciente du caractère punissable de l’homosexualité.
S’agissant des personnes détenues pour homosexualité, elles jouissent des mêmes conditions de détention et de protection contre la violence.
L’infraction d’homosexualité concernant le domaine secret de l’intimité sexuelle, la jurisprudence la concernant n’est pas abondante. C’est ainsi qu’en 2010, sur l’ensemble des juridictions camerounaises, seuls 27 cas d’homosexualité ont donné lieu à des enquêtes judiciaires. Sur ces 27 cas, 07 ont été classés sans suite tandis que les poursuites ont été engagées pour les 20 autres. Ces statistiques ont aussi révélé que sur les poursuites engagées, 12 impliqueraient des enfants tandis que les autres protagonistes étaient des hommes.
En 2011, le nombre de poursuites a augmenté. En effet, 36 procès-verbaux d’enquêtes préliminaires pour homosexualité ont été enregistrés dans les parquets des tribunaux et 37 personnes ont été poursuivies de ce chef. Sur 16 personnes jugées, 14 ont été condamnées et 02 relaxées. On a dénombré 08 enfants victimes, le reste étant des hommes avec 14 cas. On relève aussi 04 cas de femmes et 05 cas d’enfants impliqués.
Didier ONANA 22114587.
Source : 5è Rapport Périodique du Cameroun au Comité des Droits de l’Homme.
Réponse pénale des aux violations des droits de l’homme, cas des homosexuels.
Années 2010 2011 2012
Nombre d’enquêtes 27 Procès-verbaux
36
Procès-verbaux reçus
30
Poursuites 20 À l’information judiciaire : 12
Dans les différentes juridictions : 25 informations judiciaires 09
juridictions : 22
Affaires jugées 09 16 17
Condamnations 08 14 10
Relaxes 01 02 07

Victimes hommes 07 21 NB : 14 cas d’hommes ayant eu des rapports avec d’autres hommes ; 04 de femmes avec d‘autres femmes et 05 enfants impliqués
Victimes femmes 00 00
Victimes enfants 12 08

13:57 Écrit par Bambino dans Communiqués | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les commentaires sont fermés.