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mercredi, 20 juillet 2011

LA FOIRE AUX IDEES POUR LE DEVELOPPEMENT

FLASH BACK SUR
Pour la première fois en Afrique centrale s’est tenue une foire aux idées pour le développement suivie d’un forum sue la gouvernance. Une idée porteuse,une initiative prometteuse.
Didier Etienne ONANA
Conjointement organisée par la Banque Mondiale et la Catholic Relief Services ,la foire aux idées pour le développement a connu à en juger par l’affluence et les moyens déployés, un succès retentissant, et un engouement populaire. Pendant deux jours, une trentaine de projets finalistes a pu être passée au scanner par un jury exigeant,les nombreux experts et autres invités ont débattu et délibéré dans un esprit de convivialité , de compétitivité ,de fair play, de responsabilité et de respect. Les débats ont été enrichissants et les objectifs fondamentaux atteints. A l’arrivée, beaucoup de recommandations, de résolutions et les quinze meilleurs projets primés. Ils recevront dans quelques jours, les financements pour la mise en œuvre des projets retenus ou jugés finançables. Seul hic dans cette organisation, la place réservée à ceux qui sont sensés relayer l’information au près du public.


LE FORUM SUR LA GOUVERNANCE.


Il a consisté à la tenue d’une série de communications suivie de débats enrichissants et édifiants sur certains aspects de la vie nationale : la santé, l’éducation,la gouvernance, la décentralisation, les TIC ou la foresterie. Pour reprendre un extrait du « Cameroun vision 35 » nous dirons que « la promotion de la gouvernance ,par ce qu’elle renvoie à une utilisation efficace et efficiente du potentiel et des differentes ressources disponibles et contribue au rayonnement intérieur et extérieur de l’image du pays , est l’un des principaux défis majeurs que le Cameroun doit relever dans le cadre de la réalisation de sa vision d’être un pays émergent ,démocratique, et uni dans la diversité à l’horizon 2035 »
Les thèmes avaient un lien direct avec les difficultés rencontrées par les populations des pays tels que le Cameroun. Parmi ces thèmes, celui sur : l’infrastructure, démographie et institutions : défis et opportunités pour l’Afrique a retenu notre attention. Il avait pour modérateur l’ancien ministre David ABOUEM A TCHOYI, et comme panélistes ; Marcelo GIUGALE le Directeur Unité de la Réduction de la Pauvreté et la Gestion Economique à la Banque Mondiale,Jean TCHOFFO, le Secrétaire Général du MINFI, TUNA MAMA,Professeur à l’université de Yaoundé II, et Martin ABEGA, le Secrétaire Exécutif du Groupement inter patronal du Cameroun (GICAM).
La gouvernance et la vision stratégique,, l’emprunt obligataire,l’émergence du Cameroun en 2035 ont été les points saillants. Pour Martin ABEGA que nous avons rencontré à la fin du débat « la Banque Mondiale nous a invité à venir contribuer sur la manière par la quelle le Cameroun peut être un pays émergent, un pays qui lutte contre la pauvreté, où on crée des richesses, où on stimule la croissance. » pour lui, l’Etat camerounais doit associer le secteur privé à ses actions. Il est difficile à croire que pour des projets aussi juteux que le deuxième pont du Wouri, l’on n’associe pas le secteur privé. On préfère emprunter de l’argent aux autres. Le secteur privé camerounais doit être fort, l’Etat même fort, la société civile forte aussi. « Si nous n’avons pas un Etat fort, nous n’allons pas être compétitif. L’Etat doit aussi amener les roublards de ce secteur privé à payer leurs impôts. Au niveau technique comme éthique, l’Etat doit mettre fin à l’impunité. Les autorités publiques doivent aider la société civile à se structurer et à mettre fin à la zizanie au sein de celle-ci. Ces autorités doivent accepter la contradiction. »
Parlant de la décentralisation, le sécrétaire exécutif du GICAM estime que « la décentralisation est un bon objectif. L’Etat devrait faire en sorte que la collaboration avec le secteur privé s’étende non seuleument au niveau des régions, mais aussi au niveau des départements. C’est alors qu’on pourra vivre un partenariat secteur privé, secteur public fort » . Pour lui, malgré la loi qui existe, ce partenariat ne fonctionne pas. Nous ne sommes pas poursuit-il dans une « économie dirigée » où l’Etat continue d’imposer n’importe quoi.
Etienne Didier ONANA©Mbolo C@meroon2011 94 78 86 88 / 70 31 11 28

vendredi, 11 février 2011

Dans les coulisses du comice agro pastoral

DANS LES COULISSES DU COMICE …

 

Il va sans dire, un évènement de l’envergure du comice agro pastoral ne saurait manquer d’anecdotes. Nous avons rencontré un certain nombre de participants qui nous ont enrichi. Délectez-vous…

Etienne Didier ONANA ©mbolocameroon

 

Les taxis de TSIMI EVOUNA au comice d’ Ebolowa : Les habitués de la ville de Yaoundé ont été surpris à leur arrivée dans la capitale de la région du Sud, de se voir transportés par ni plus ni moins que … les taxis de  la communauté urbaine de Yaoundé ; les célèbres « taxis de TSIMI EVOUNA », le Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé.   

Question  de profane : « Ces taxis venus de Yaoundé étaient –ils venus s’exposer ?  Dans ce cas, leur place aurait été dans les stands. Etait-ce le fruit d’un jumelage  ou d’un partenariat entre les villes de Yaoundé et Ebolowa.  Si c’est ce cas, vivement que Yaoundé organise aussi son comice pour voir ce que la capitale du sud proposera. Surtout pas « le chimpanzé pourri », signification du mot « ébolo wôô » qui  est finalement devenu Ebolowa. Affaire à suivre…

 

Le stand des  prostituées.  Communément appelées « wolowoss », un groupe de filles libres a eu l’ingénieuse idée de louer un stand pour disaient-elles « s’exposer »… Dire que la prostitution est un véritable marché du sexe qui peut s’exporter. On ne se cache plus pour l’exercer comme dans les quartiers sombres de Yaoundé où tout se négocie sous la lumière des ampoules rouges. Le président de la république, futé comme il sait l’être n’a pas visité ce stand. Il aurait certainement demandé à ces oiseaux  qui opèrent généralement dans la  nuit de… « Retrousser leurs manches » et non… leurs jupes. 

 

La solidité de l’Homme Lion. : Répondant aux  questions des journalistes de la télévision nationale lors de la cérémonie de présentation des vœux au président de la république , Madame Françoise Foning, le Maire de Douala V  avait dit qu’elle trouvait le président de la république « … encore jeune, Je peux  lui donner 50 ans ». Elle ne croyait pas si bien le dire. En effet, Paul BIYA lors de la première visite des 1200 stands, avait passé 4h et 45 minutes pour  parcourir les 40 ha du village de Ngallan, soit plus de 10 km à pied,   bravant le soleil et la poussière, écoutant, prodiguant des conseils, apportant des solutions et faisant des promesses. Pendant ce temps, beaucoup de personnes parmi lesquels, les ministres, les directeurs généraux, les hauts fonctionnaires, les hommes d’affaires et surtout ses adversaires politiques démissionnaient. Paul BIYA a, à cette occasion démontré sa solidité. Un signal et un message forts à l’endroit de ses adversaires qui pensent qu’il est déjà …épuisé physiquement.

 

L’indifférence du chairman FRU NDI à l’arrivée de la Première Dame :  A l’arrivée de la Première Dame lors de la cérémonie d’ouverture , Ni JOHN FRU NDI le Chairman du Social Democratic Front ( SDF), était le seul dans la tribune officielle  à être resté assis. Une froideur et une indifférence qui ne seraient pas passés inaperçus et sans conséquences….

 

FRU NDI …. reçoit Paul BIYA à Ebolowa ! …

Qui a dit que Paul BIYA et FRU NDI ne se sont pas rencontrés à Ebolowa?  Non, les deux hommes politiques qui avaient promis se revoir au comice d’ Ebolowa  se sont bien rencontrés. C’était en public cette fois là, mais dans les rôles contraires ou si vous voulez, inversés. En effet, lors de la visite des stands, le Chairman du SDF, a bien reçu la visite du président de la république à qui il a présenté des échantillons de son cheptel bovin. Paul BIYA en connaisseur a bien apprécié la production de Ni John.

Question de profane : «  A la vue de ces échantillons à lui présentés, Paul BIYA ne s’est –il pas dit que le Chairman se sentirait mieux dans son ranch de Ntarikon qu’au palais d’ Etoudi ? »

 

La colère du Chairman !

Ni John FRU, le chairman du SDF, est rentré du comice plus tôt que prévu. En effet, en tant qu’exposant c'est-à-dire éleveur, il se devait de quitter la ville d’Ebolowa à la fin de l’évènement, à moins que ses bêtes qu’il était tout de même venu écouler n’aient été achetées en un jour ! Il se dit que déçu de n’avoir pas été reçu en audience par le Président de la République, Ni John FRU NDI a préféré rentrer à Ntarikon.

… Et si Paul BIYA ne l’avait pas reçu par ce dernier  avait refusé de se lever  pour accueillir son épouse Chantal BIYA à son arrivée à la tribune le premier jour. Peut être aussi Paul BIYA avait estimé  que la visite du stand du Chairman était suffisante …

 

Le comice de l’inflation !

Comme il fallait s’y attendre,les prix des denrées et autres prestations à Ebolowa ont connu une flambée qui a étonné plus d’un. Toute personne qui en sort s’en plaint. Le plat de bouillon de porc par exemple qui coûtait d’habitude 500 francs, s’achetait à 2500 francs ! Le plat de riz sauté de 350 francs valait …1000 francs. Ah comice quand tu nous tiens !  Vivement un autre. Ce qui est sûr, c’est que même les « wolowoss » entendez prostituées, ont revu à la hausse leurs tarifs surtout qu’elles avaient loué un stand. Il fallait bien qu’elles rentrent dans leurs frais !!!

 

  Le stand du RDPC :

  Le comice n’était pas seulement agro pastoral. Certaines formations politiques à l’instar du parti des flammes ou si vous voulez, le parti proche, ou au pouvoir avaient bien trouvé une occasion pour se vendre et battre campagne. Tant pis pour ceux qui manquent d’imagination ou d’ingéniosité. En politique, « on ne dort pas au premier banc » par ce que dans la vie, l’ennemi  lui ne dort jamais. A dire vrai, ceux des hommes d’affaires qui manquent quoi faire ou qui ne savent pas dans quel secteur mettre de l’argent devraient organiser un comice agro politique. Ca peut mordre, car ce serait original. Qu’ils ne pensent pas que les 350 partis politiques que compterait actuellement le Cameroun seront absents ; Il suffira de mettre des stands, où se vendront bière, nourriture et où s’exposeront les … prostituées.

 Qu’il y avait-il de particulier  dans le stand du parti des flammes ? bien entendu les productions littéraires ayant trait au président national et au parti tout court… A leur place, nous aurions présenté les productions agro pastorales issues  des plantations de nos richissimes membres. Dieu seul sait s’il y en a ! 

 

Les Directeurs Généraux et PCA  plaqués dans les stands  par … Paul BIYA

 

Le comice agro pastoral d’Ebolowa a encore donné l’occasion aux  directeurs généraux, présidents des conseils d’administration, anciens ministres et hauts cadres de la république, de se battre pour serrer la main du Président de la République et lui montrer qu’ils « étaient bien là ». Beaucoup parmi eux n’ont pas hésité à se mettre en exergue dans les stands pour attendre le passage de l’Homme Lion. C’est le cas de Jules Doret NDONGO des services du premier ministre ou du Président directeur général de la société sucrière du Cameroun  (Sosucam).  Mal leur en a pris car, En bon joueur, Paul BIYA leur a posé un bon et succulent lapin qu’ils ont dégusté avec appétit… L’Homme Lion connaît bien son petit monde.

 

Pénurie de boisson au comice …

Incroyable, pourtant vrai. Malgré la longue préparation, les sociétés brassicoles et tenanciers des débits de boisson n’ont pas prévu la pénurie … des boissons surtout alcoolisées. En effet ces structures ont soit sous estimé l’évènement, soit oublié que les camerounais ont fait de la beuverie, leur première religion. Au Cameroun, l’alcool est la chose la mieux partagée, et sa commercialisation, une activité où on ne faillit jamais. Par ce que Tant qu’il y aura du vin, il y aura des gens pour vider les bars et bistrots.

 

 

Des nuits à la belle étoile et dans … les églises.

Il n’y avait pas que les boissons qui manquaient à Ebolowa. Le logement l’était davantage au point où, certains participants se sont vus obligés de passer les nuits dans les débits de boisson,au village du comice,dans les cuisines voire … dans les églises. En 23 années de préparation, l’on n’a pas construit suffisamment d’infrastructures hôtelières. Que font donc les élites et autres hommes d’affaires de la région de leurs moyens colossaux ? Voilà un secteur porteur malheureusement inexploité.

Des Journalistes sanctionnés !

Le comice agro pastoral d’Ebolowa a fait des vagues dans certains médias. En effet, certains journalistes ont été sanctionnés ou sont en voie de l’être pour diverses raisons liées à cet évènement qui il faut le rappeler, suscitait des appétits et des convoitises en terme d’avantages pécuniaires et en prestige. Ne pas couvrir le comice d’Ebolowa ressemblait à un crime. Beaucoup de ces hommes et femmes de médias se sont rendus dans le chef lieu de la capitale régionale du Sud sans l’aval de leur hiérarchie. Dan une radio privée de la capitale assez populaire, le journaliste qui a couvert cet évènement aurait « manigancé  avec certains de ses amis du ministère de la communication»pour barrer les noms de ses collègues, (un anglophone et un francophone) déjà accrédités. Chemin faisant, il a « court-circuité » tout le monde en allant toucher la somme de 40 000 francs qui représentait l’appui apporté par le ministère de tutelle aux médias privés. Le chef de chaîne de cette radio parti au ministère s’enquérir de la situation réservée à ses reporters a été surpris d’apprendre  que son chef de desk l’avait précédé…. Ce dernier qui récidivait comme ça attend l’officialisation de sa sanction… Dans une autre radio non moins célèbre aussi, le directeur de l’information a été limogé dès son retour…. Vous avez dit couvrir le comice agro pastoral et perdre son poste ? 

Etienne Didier ONANA©mbolocameroon +94788688 /22114587

 

vendredi, 04 février 2011

Impressions du Comice agro pastoral

Comice agro pastoral d’Ebolowa :

Des mendiants handicapés ternissent l’image de cette catégorie qui n’en avait pas besoin….

Les personnes handicapées a-t on coutume de dire, sont des êtres humains à part entière. Pour cela, elles n’ont pas fait la politique de la chaise vide par rapport au plus grand rendez-vous du monde rural et paysan du Cameroun.

La situation que nous décrions est une inspiration de quelques participants handicapés qui n’ont pas du tout apprécié le comportement de leurs « frères et sœurs » qui sont allés à Ebolowa se livrer à la mendicité. La mendicité en pleine foire où tous les êtres humains évoluant dans le monde de l’artisanat, de l’agriculture, de l’élevage ou des pêches viennent montrer leur savoir faire. C’est le cas de 18 personnes handicapées parmi les quels des aveugles et des handicapés physiques venus fraîchement de Yaoundé la capitale où elles ont pour « profession » ou activité principale ; la mendicité. Dans la capitale, ces personnes sont présentes dans toutes les manifestations et lieux publics, arnaquant les personnalités et importunant les autres citoyens. Le plus surprenant c’est que dans ce groupe se trouve le fondateur d’une institution scolaire…, un éducateur, un enseignant… Ces dix huit mendiants handicapés professionnels, à défaut d’aller exposer le produit de leur savoir faire agro pastoral ou artisanal, ont préféré aller s’exposer hors des stands et ternir l’image de celles des personnes handicapées qui pensent que « le handicap n’est pas une fatalité » ou que « handicap n’est pas synonyme de mendicité ». Ce groupe de dix huit a donc passé son séjour dans la capitale du Sud à arnaquer les hautes personnalités de la république dont elles connaissent d’ailleurs les domiciles à Yaoundé. Même le chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA n’a pas échappé. Ce dernier, selon nos informateurs leur aurait demandé ce qu’il pouvait faire pour elles.

« Nous voulons faire du commerce » lui ont-il répondu. Quelques temps après, une enveloppe pleine d’argent leur est parvenue. Le magot reçu, elles se sont bien déchirées pour le partager. C’est finalement dans les gargotes, les débits de boisson et les prostituées qui avaient revu leurs tarifs à la hausse que « ce fonds de commerce » reçu du Président de la République a terminé sa course…. Un non voyant dont nous taisons le nom affirme avoir reçu la somme de trois cent mille francs. Dommage qu’avec une telle quantité d’argent, ces « mendiants professionnels » ne puissent pas réaliser quelque chose de bon. Au moment où nous publions cet article, beaucoup parmi eux, revenus dans la capitale, écument déjà toutes les cérémonies de présentation de vœux aux Ministres, ces mêmes Ministres qu’ils auront arnaqué … à Ebolowa. Quel gâchis !

A l’opposé, leurs pairs d’ Ebolowa plus dignes, biens vêtus, responsables dans leur comportement, sortaient en groupe pour visiter les stands, discuter et échanger avec les autres personnes handicapées venues de Yaoundé. Des échanges fructueux aux dires de nos informatrices.

La participation positive des personnes handicapées à ce grand rendez-vous du donner à voir et du donner à déguster ou à acheter s’est, matérialisée par la présence quoi que tronquée de 21 personnes handicapées venues participer pour le compte du ministère en charge des personnes handicapées, le ministère des affaires sociales. En effet, selon nos sources, certaines de ces personnes ne sont pas du tout connues ou reconnues comme cultivatrices, éleveurs ou artisans dans la ville de Yaoundé exposaient les poulets et autres produits qu’elles ne produisent effectivement pas. Approchées par celles qui prennent part régulièrement aux manifestations de ce genre à Yaoundé, celles-ci semblaient gênées et préféraient se taire question de masquer la supercherie qui s’était tramée autour de leur participation. A la fin, ces faux exposant instrumentalisés comme le sont régulièrement les personnes handicapées ont reçu des appuis financiers allant jusqu’à cent mille francs qu’elles ont certainement partagé avec les personnes qui les avaient emmenées. C’est une pratique courante. D’autres ont reçu du matériel agricole, des cannes blanches et bien d’autres… Certaines personnes handicapées venues de Yaoundé, et appartenant à des structures bien connues et faisant dans les domaines représentées à cette grande foire, se demandent comment le ministère des affaires sociales a fait pour sélectionner les personnes qui ont finalement animé leurs stands. Y a t-il eu des sélections comme ça se fait en pareille circonstance, si oui où et quand ont-elles eu lieu. D’autres à l’instar de Michel AMBELA, (sculpteur) et Henri TCHATCHUING (éleveur –vannier non voyant) disent avoir fait des tours dans les centres sociaux des arrondissements qu’ils habitent à Yaoundé. Aucune information concernant cet évènement. AMBELA a tout de même pris le risque de partir pour le lieu de l’évènement où après un fort plaidoyer a obtenu le droit d’exposer dans l’un des stands du ministère des affaires sociales. Là s’arrêtait son assistance, il devait se battre pour se restaurer. L’une des rares associations de personnes handicapées à avoir participé à cet évènement, c’est l’association des femmes handicapées actives du Cameroun (AFHAC). Elle était représentée par deux de ses membres et prises en charge par la mairie d’arrondissement de Yaoundé IV. Bien que dormant à la belle étoile (village du festival), ces dames ont pu tirer leur épingle du jeu.

A la fin de cet évènement, nous avons eu des entretiens avec deux personnes handicapées qui nous livrent leurs sentiments sur la participation et le comportement de leurs pairs.

Henri TCHATCHUING (éleveur et vannier non-voyant) : « C’est inadmissible que pendant que nous nous battons pour être autonomes et gagner  dignement notre vie, d’autres personnes handicapées choisissent la mendicité comme activité principale. Ce sont des personnes qui donnent une mauvaise image de notre catégorie sociale, des gens qui veulent faire croire à la société que la personne handicapée ne peut pas vivre en menant des activités de manière honorable. Ce sont des gens qu’il faut chasser des rues et de toutes les manifestations publiques. Ce sont des paresseux et des parasites au même titre que les souris ou les cafards. Le ministère des affaires sociales devrait faire de efforts pour bien encadrer ses couches cibles une fois de plus. C’est lui qui encourage ce genre de personnes à la bêtise. Je suis un éleveur de lapins et de poulets, je fais aussi dans la vannerie. Je participe régulièrement aux foires et expositions. Je ne suis pas un inconnu dans notre paysage. Ce qui me surprend, c’est que je ne comprends pas comment notre ministère a fait pour emmener les gens au comice. Ailleurs, on aurait organisé de manière officielle une sélection afin de dégager des représentants véritablement actifs. Mais là j’ai l’impression qu’on a pris des copains ou des membres des familles au quartier pour les emmener à Ebolowa afin de partager l’argent. C’est ce genre de frustrations qui pousse parfois les personnes handicapées au découragement et à la mendicité que je condamne avec force ».

Une participante au comice agro pastoral raconte …

Adeline MOFOGNE est une dame handicapée physique allant sur fauteuil roulant. Présidente de l’association des femmes handicapées actives du Cameroun, ce poids lourd (au propre comme au figuré) du monde des personnes handicapées de Yaoundé brille par son dynamisme. Toujours présente chaque fois qu’il y a une activité concernant soit les femmes, soit les personnes handicapées. C’est cette qualité qui lui a valu l’honneur d’être retenue par la mairie de Yaoundé IV pour animer son stand. A l’issue de cet évènement mémorable, nous l’avons cueillie au détour d’une émission radio consacrée aux personnes handicapées pour qu’elle nous fasse le bilan de sa participation…

MBOLO CAMEROON : Dans quelles circonstances êtes vous partie au comice ?

Adeline MOFOGNE : J’ai été sélectionnée par la mairie de Yaoundé IV qui avait procédé à une sélection des acteurs susceptibles de la représenter valablement à cet évènement.

MBOLO CAMEROON : Pouvez-vous nous parler de votre participation et de ce que vous avez vu là bas ?

Adeline MOFOGNE : J’ai été impressionnée par la grandeur de l’espace consacré à cet évènement, plus de 40 ha. Ce n’était pas facile de le visiter dans son entièreté. Je puis vous dire qu’en une semaine passée là bas, je n’ai pas pu le visiter entièrement. J’ai eu la chance de saluer la première dame qui nous a encouragée. Nous avons pu présenter nos œuvres et fait notre marketing.

Ce qui était déplorable, c’est que l’on a pensé à tout le monde sauf à la personne handicapée. Je prends le cas des toilettes. Elles n’étaient pas accessibles aux personnes allant sur tricycle ou sur fauteuils roulants comme moi. Vous vous imaginez, faire une semaine sans avoir accès aux toilettes, c’était difficile.

MBOLO CAMEROON : Comment vous débrouilliez vous ?

Adeline MOFOGNE : (rires) C’était vraiment difficile. Il fallait attendre tard dans la nuit, au moment où le service de nettoyage venait faire la propreté pour profiter de faire ses besoins et pour s’abstenir toute la journée du lendemain. Il ne fallait pas beaucoup manger ni boire. Et vous savez qu’il y avait beaucoup d’occasions de déguster …

MBOLO CAMEROON : Malgré la réduction de votre mobilité, vous avez pu visiter des stands. Dites nous ce qui vous aura marqué.

Adeline MOFOGNE : En allant au comice, je ne savais pas que les camerounais travaillaient autant. J’ai vu plein de choses comme cette igname qui mesurait environ deux mètres. Il y avait aussi cette grosse pastèque qui pesait 40 kg. Je n’ai pas hésité à la goûter. Elle était succulente. Il y avait beaucoup de curiosités comme ça qui m’ont permis de mesurer la vitalité et l’ardeur des camerounais au travail. Dommage qu’après le départ du chef de l’Etat, les revendeurs soient venus tout acheter au détriment des populations locales et de nous autres .Nous n’avons pas pu profiter.

MBOLO CAMEROON : Nous avons appris que les prix des denrées avaient augmenté. Dites nous ce que vous mangiez et à combien vous l’achetiez.

Adeline MOFOGNE : La nourriture cuite coûtait très cher. C’était paradoxal par ce que la nourriture crue se vendait à des prix raisonnables. Le plat de bouillon de porc qui d’habitude coûte 500 francs était vendu à 2500 francs. Le plat de riz de 350 francs revenait à 1000 francs, c’est tout dire…

MBOLO CAMEROON : Qu’en était –il des personnes handicapées ?

Adeline MOFOGNE : Elles étaient nombreuses. 21 étaient là pour le compte du ministère des affaires sociales. Permettez que je profite de votre tribune pour lancer un appel aux autorités de ce département ministériel pour leur demander de considérer et de prendre au sérieux les personnes handicapées qui travaillent véritablement, et non celles qui sont là de manière ponctuelle. On a eu l’impression pour ce comice que le ministère a recruté des mercenaires pour venir exposer dans ses stands.

MBOLO CAMEROON : Voulez vous dire que le ministère des affaires sociales a amené des personnes inconnues ou alors des gens qui ne font pas dans les domaines représentés dans ses stands ?

Adeline MOFOGNE : Ce n’était pas des personnes handicapées connues dans le milieu ou reconnues comme éleveurs, agriculteurs ou artisans. Ce sont des gens qu’on ne verra plus dans cette posture une fois le comice terminé. C’était des exposants ponctuels qui sont venus toucher les frais de participation , recevoir les appuis et s’en aller. Le ministère des affaires sociales aurait été objectif à mon avis s’il avait puisé les exposants pour animer ses trois stands au sein des structures bien connues, qui travaillent au quotidien et qui ont fait leurs preuves à des échelons inférieurs. Il aurait pu procéder par des sélections. Il n’y a pas meilleur moyen d’encourager les personnes handicapées. En recrutant des exposants ponctuels, on tue le génie créateur des travailleurs pour encourager les partisans du moindre effort, les paresseux, les oisifs et les mendiants. Ces personnes ne fourniront plus jamais des efforts par ce qu’elles savent que coûte que vaille, elles seront toujours là, grâce à leurs affinités.

MBOLO CAMEROON : En définitive, quelle est la plus grande image que vous gardez de cet évènement ?

Adeline MOFOGNE : J’ai été impressionnée par le fait que la première dame ait montré une fois de plus sa considération pour les personnes handicapées. C’est grâce à elle qu’un groupe de personnes handicapées venues de Yaoundé pour mendier à Ebolowa ont reçu du Président de la République qui ne les avait pas vu lors de son passage, une enveloppe d’argent. Arrivée au niveau de notre stand, Madame Chantal BIYA a déjoué le protocole pour venir nous saluer et nous encourager. Par ce geste, elle a prouvé une fois de plus la grandeur de son cœur. Pour les prochaines fois, il faudrait prévoir pour les personnes handicapées à mobilité réduite surtout, des toilettes spéciales. Il faudrait que les décideurs sélectionnent les associations de personnes handicapées qui travaillent véritablement, des personnes compétentes et actives.

Propos recueillis par Didier ONANA©mbolocameroon 94788688