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mardi, 22 mars 2011

A la découverte de TOKOMBERE

A La découverte de Tokombéré.

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La région de l’Extrême Nord du Cameroun est la plus vaste, la plus peuplée et constitue par conséquent une force et un attrait sur le plan politique. A la veille des échéance électorales au Cameroun, Mbolo Cameroon fait une incursion dans l’une des communes de cette région : Tokombéré, chef lieu du département du Mayo sava. C’est le département d’origine de l’honorable Cavaye Yeguie Djibril, le président de l’Assemblée nationale du Cameroun depuis un certain nombre d’années. Nous avons rencontré pour cela, Monsieur kari deguer, le Maire de cette unité administrative qui nous sert de guide.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire, qui êtes-vous ?

kari deguer : Je suis né vers 1962 dans l’arrondissement de Tokombéré, département du Mayo sava. Je suis marié et père 13 enfants. J’ai deux épouses et suis greffier de formation.

Sur le plan politique,je suis d’obédience RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais). Je suis à trois mandats à la tête de la commune de Tokombéré et entame ma 15è année en politique. Je ne saurais dire que cette longévité n’est pas due au fait que mes populations apprécient mon travail. Je suis en bons termes avec elles.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire, pouvez vous à présent nous nous décrire la commune dont vous présidez aux destinées ?

kari deguer : La mairie de Tokombéré a une superficie de 520 km2 où habitent 140 000 âmes réparties en plusieurs ethnies. On peut citer entre autres les madas, les zoulzos, les molgos, les wulémés, les moyangs, les FULBES, guemchés, les guizigas et les mbokos. Une mosaïque de peuples qui s’entendent très bien dans la diversité. Depuis la nuit des temps, il n’y a jamais eu de problèmes majeurs. Les gens vivent en paix.

Mbolo cameroon : De quoi vivent toutes ces populations ?

kari deguer : Les populations de tokombéré vivent de l’agriculture. Les principales cultures pratiquées sont le mil, les arachides, le vouanzou, le fonio. Du coté des montagnes, vers DALAZO, il y a la canne à sucre, et les maraîchers dans presque toutes les différentes localités. Sur le plan alimentaire, on trouve le mil qui est une denrée très riche et fort appréciée, la patate, le taro et la banane douce. On ne meurt pas de faim ici. Côté boisson, nous avons notre boisson traditionnelle qu’on appelle le Bil Bil . Ce n’est pas tout le monde qui consomme la bière qui déjà coûte plus cher que notre boisson traditionnelle. Nos populations n’ont pas assez de moyens pour aller boire dans les bars et autres lieux assez chics. Comme il n’y a jamais de règles sans exception, sachez qu’il y a des gens qui ont des moyens issus du fruit de leurs activités et qui vont dans les milieux mondains consommer ce qui leur plait.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire, que peut-on retenir sur le plan culturel de Tokombéré ?

kari deguer : Toutes les ethnies citées plus haut ont des valeurs et des spécificités culturelles qui les caractérisent. Elles sont riches et variées. Toutes ces ethnies ont des danses et d’autres formes d’expression, d’où la variété. Il faut toutes fois signaler que malgré cette diversité d’expression, nous n’avons pas encore de festival culturel. Mais les jeunes de notre commune ont souvent crée des sortes de rencontres culturelles de manière informelle. Nous entendons combler ce vide dans les années à venir avec l’aval de notre jeunesse. Nous comptons faire des évènements grandioses afin de solliciter des apports extérieurs qui permettront de donner une envergure à la dimension de notre richesse et de notre diversité.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire intéressons nous un peu au mariage dans votre commune. Pouvez –vous nous dire ce que ça coûte pour prendre pour épouse une fille de Tokombéré ?

kari deguer : Chez nous la dot, vous pouvez vous rassurer, n’est pas chère si vous vous entendez avec votre amante. La belle famille aimerait simplement que sa fille aille en mariage et vive dans de bonnes conditions. Donc, on ne demande particulièrement rien. L’important, c’est d’être en de bons termes avec votre fiancée. Le reste n’est que symbolique. On n’exige pas des boeufs comme vous entendez. On vous reçoit, on requiert l’avis de la fille. Si l’entente est parfaite, ça va. S’il y a un cas de malheur dans votre belle famille, en tant que beau-fils, votre contribution est parfois attendue. Une chèvre, du vin et quelques vivres font l’affaire.

Mbolo cameroon : Parlons un peu du tourisme Monsieur le Maire.

kari deguer : Disons que parmi les activités menées dans notre

Commune, il y a la vannerie. Des produits artisanaux de bonne qualité sont fabriqués et vendus. Nous avons des tables en feuilles de palmier rônier qu’on vulgarise. Des gens viennent en chercher en grande quantité pour en faire toute sortes de meubles. Il y a aussi des grottes notamment à Mokio où les anciens restaient. Elles existent encore aujourd’hui. Les animaux y vivent et on peut les voir. Dans les différentes montagnes, on trouve des grottes qui constituent une véritable attraction. Elles sont généralement le gîte des animaux tels que les panthères, les cynocéphales, les chimpanzés et bien d’autres espèces animales. Ces animaux descendent parfois jusque dans la plaine chercher des proies. Dans ces montagnes, il y a des eaux qui ruissellent parfois toute l’année. On les découvre dans les fonds de montagne et se retrouvent dans une sorte de cuvette pour le grand bonheur des animaux qui viennent s’y abreuver et des montagnards qui viennent puiser de l’eau pour leurs activités. Il faut aussi vous dire que dans notre commune, nous avions monté un projet visant à construire une sorte de campement qui nous permettrait de recevoir quelque soit leur nombre, les étrangers qui viendraient ici, ou même ceux qui, vivant hors de chez nous viendraient dans le but de découvrir notre région. Nous sommes aussi entrain d’arranger nos différentes routes avec l’aval de nos élites qui ont touché les hauts sommets de la république afin que cette viabilisation soit effective. Nos populations veulent voir le désenclavement de notre sphère géographique. Nous avons monté un projet que nous avons envoyé au Ministère du plan et de l’aménagement du territoire (Minepat) pour que d’ici les trois années à venir, toutes ces routes soient viables. Nous construirons progressivement des routes et dès que ce projet prendra fin, on reprogrammera d’autres. L’accès aux différentes localités sera ainsi facile.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire, quelles sont les ressources de votre mairie et quelles relations entretenez vous avec le fonds d’équipement et d’intervention communale (Feicom) ?

kari deguer : Il faut vous dire la vérité, nos populations sont pauvres. Si aujourd’hui la mairie de Tokombéré vit, elle le fait avec les centimes additionnels communaux. L’impôt libératoire sur le bénéfice agricole que nous plaçons est insignifiant par ce que les populations sont démunies. Elles sont habituées aux choses que certaines leur disaient au début de la démocratie au Cameroun. Les promesses du genre « on ne va plus payer l’impôt. L’impôt ne servira à rien… » Elles ont ancré ça dans leurs têtes si bien que le recouvrement de ces taxes là est devenu difficile malgré la sensibilisation. La commune de Tokombéré a ses petites recettes de marché. Les droits de place sur le marché ne rapportent pas gros et ne peuvent aucunement permettre de réaliser des projets. Avec les centimes additionnels communaux, nous avons réalisé de projets comme la construction des salles de classe, les hangars de marché, les magasins de stockage, la réfection des routes entre autres. Avec les projets tels que les programmes de certaines ONG avec qui nous sommes en relation et en partenariat, nous parvenons à faire aussi certaines réalisations.

Mbolo cameroon : Avez-vous justement pensé à des jumelages avec les communes des autres pays ?

kari deguer : Nous envisageons faire des jumelages avec l’extérieur. Seulement, quand on parle de jumelage, ça ne veut pas dire que quand vous irez, on vous donnera tout ce que vous demanderez ou tout ce que vous envisagez faire pour votre commune. C’est de l’échange. Là bas, vous arrivez, vous vous entretenez. Ils ont des articles ou d’autres choses comme des engins qu’ils peuvent vous donner. En retour il faut que vous leur trouviez aussi une compensation. Vous comprenez que c’est de l’échange entre commune et partenaires extérieurs. C’est la même chose à tous les niveaux. Le jumelage n’est pas un cadeau qu’on va prendre à l’extérieur. C’est des échanges à tous points de vue. Au moment où nous nous entretenons, nous avons un voyage en vue dans la commune française d’Oléron où l’association des communes de montagnes nous a invité compte tenu du fait que nous sommes aussi des habitants des montagnes. Nous allons échanger les expériences afin que chacun, en ce qui le concerne, expose sa situation. Il faut aller voir et demain aussi, nous allons les inviter à venir découvrir notre localité et nos montagnes.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire, dans l’imagerie populaire ici à Yaoundé où cet entretien est réalisé, l’on dit que sur le plan sanitaire, la région de l’Extrême Nord est mal lotie. Qu’en est il particulièrement de votre commune ?

kari deguer : Malgré les efforts des pouvoirs publics, pour pourvoir notre circonscription en infrastructures sanitaires, beaucoup reste encore à faire. Nous avons l’hôpital de district de Tokombéré, le centre privé catholique Père Christian à Maga, il y a des centres de santé intégré à Oulémé, à mangavè, à Mamfiza et dans d’autres localités environnantes. Nous sommes entrain de construire un autre centre de santé intégré à Mokio et à Kotaba. Toutes ces infrastructures verront le jour cette année.

Mbolo cameroon : Parlons un peu des activités sportives …

kari deguer : Il ne manque jamais d’activités sportives dans la ville. L’activité sportive est abondante et intense surtout pendant les vacances scolaires. Pendant l’année scolaire, il existe des compétitions inter établissements. Le football, la handball, le basket-ball, le volley-ball et autres sont pratiqués par les jeunes. Le sport dans chaque localité occupe une place importante. Il contribue à son animation. Il existe des tournois et compétitions inter quartiers et de temps en temps nous allons les présider en apportant des contributions et en donnant des primes et aides financières. Ces activités donnent un peu de vie à ces localités évitant ainsi l’oisiveté et des dérives. Les jeunes ne se dispersent pas et s’occupent à faire quelque chose.

Coté infrastructures sportives donc, nous utilisons les terrains vagues que les jeunes construisent pour la pratique de ces différentes disciplines sportives. Quand nos moyens nous le permettent, nous leur apportons de l’aide quelque soit le volume de cette dernière.

Mbolo cameroon : Monsieur le maire, une certaine opinion a toujours pensé qu’au Grand nord, l’éducation scolaire n’est pas la préoccupation des populations, surtout des jeunes filles qui sont accusées de rester à la maison. Qu’en est-il dans votre commune ?

kari deguer : Ce n’est pas vrai. Nous avons des lycées à Tokombéré, à Galaga, Mada, Kotaba, le collège Baba Simon. Au niveau des collèges d’enseignement secondaires (CES), il y a celui de Mokio, et de Mayo plata qui a vu le jour l’année passée, il y a le collège d’enseignement technique et industriel de Tokombéré. Bref, nous avons des infrastructures scolaires qui verront le jour ou leur consolidation grâce à l’aval de nos élites comme le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Cavaye Yeguie Djibril qui nous épaule beaucoup dans presque toutes nos actions. S’il décide qu’on fasse certaines choses aujourd’hui, elles vont réussir. Ces établissements scolaires sont assez pourvus en élèves qui y vont régulièrement.

Contrairement à ce que les gens ont souvent pensé de l’éducation de la jeune fille dans l’Extrême Nord, celle de la commune de Tokombéré va régulièrement à l’école. Nos jeunes filles ne restent pas à la maison ou au village. Franchement elles vont à l’école où elles se distinguent par leur intelligence et leurs résultats.

Mbolo cameroon : Monsieur le Maire, nous savons que des personnalités comme Cavaye Yeguié Djibril le président de l’Assemblée nationale ou Sa Majesté Boukar Tikiré le président de la fédération camerounaise d’haltérophilie et bien d’autres sont originaires de Tokombéré. Pouvez vous dire quelles relations vous entretenez avec les élites de votre commune ?

kari deguer : Nos rapports avec nos élites sont bons. Nous entretenons des rapports cordiaux. Je suis en parfaite relation avec elles. Quand bien même il y aurait de petites mésententes, nous mettons l’intérêt de la commune au dessus de tout. S’il faut voir les petites situations que les gens créent entre eux, on ne peut que leur prodiguer des conseils. Nous nous battons chaque fois de le faire dans le bon sens afin qu’il y ait compréhension. Nous essayons de leur faire comprendre que nous sommes tous natifs de là. Nous prônons toujours le respect mutuel et celui des aînés. Il faut savoir vivre avec les aînés et les élites. Chacun devrait reconnaître et respecter sa place dans la société. On ne peut grandir spontanément pour être à la hauteur de ces personnalités. Toutes ces élites sont des frères et sont issues de la même région. Il va aussi sans dire qu’il y a des gens qui viennent pour vous tenter, pour se plaindre par exemple de la marginalisation. Ce qui n’est pas vrai, il faut approcher les gens, se rapprocher des gens pour que l’harmonie soit parfaite. Il y a des tentatives de déstabilisation de temps à autre, mais nous gérons en bon père de famille. Si vous écoutez les uns sans le faire des autres, alors vous n’êtes pas le père de tout le monde. Quand vous êtes le père, vous pouvez donner des enfants sorciers alors que vous ne l’êtes pas. Vous avez parmi ceux-là, des enfants respectueux et ceux qui ne le sont pas. En tant que père de famille, vous devez gérer toutes ces diversités de personnes et de comportements en faisant savoir aux uns et aux autres où est l’homme.

MBOLO CAMEROON : Monsieur le Maire, votre mot de la fin.

kari deguer : D’abord vous dire merci pour l’occasion que vous m’avez donné pour parler en longueur de la commune de Tokombéré. Ce n’est pas toujours courant. Je vous prie de continuer sur cette lancée. Pour ma part, je pense que quand vous vivez, il est bon et meilleur de souhaiter la vie à tous ceux qui vous suivent et leur dire que la vie n’est pas aussi compliquée. Pour quelqu’un qui est simple, la vie lui est aussi simple. Pour celui qui est compliqué, ce n’est pas à autrui, mais à lui-même que les choses seront compliquées. Donc il vaut mieux être simple et vivre simplement avec n’importe qui que ce soit. La vie est ainsi faite. Nous avons une certaine durée sur cette terre et après on va partir.

Propos recueillis en septembre 2010 par Etienne Didier ONANA

lundi, 21 mars 2011

Barack Obama se justifie à propos de la Libye

BARACK OBAMA PARLE DE LA SITUATION EN LIBYE

 

Déclaration du président sur la situation en Libye

Bonjour à tous. Je voudrais saisir cette occasion pour informer le peuple américain des derniers développements concernant la situation en Libye. Au cours des dernières semaines, le monde a observé le déroulement des événements en Libye avec espoir et avec alarme. Le mois dernier, des manifestants sont descendus dans la rue, partout dans le pays, pour réclamer leurs droits universels et un gouvernement à la fois responsable devant le peuple et attentif à ses aspirations. Mais ils se sont heurtés à un poing de fer.

En l'espace de peu de jours, des régions entières du pays ont déclaré leur indépendance par rapport à un régime brutal, et des membres du gouvernement servant en Libye et à l'étranger ont choisi de s'aligner avec les forces du changement. Mouammar Kadhafi avait manifestement perdu la confiance du peuple et la légitimité de le diriger.

Au lieu de respecter les droits de son peuple, Kadhafi a choisi la voie de la répression brutale. Des civils innocents ont été maltraités, emprisonnés et, dans certains cas, tués. Des protestations paisibles ont été violemment réprimées. Des hôpitaux ont subi des attaques et des patients ont disparu. C'était le début d'une campagne d'intimidation et de répression.

Devant cette injustice, les États-Unis et la communauté internationale ont agi sans tarder. Des sanctions ont été mises en place par les États-Unis, par leurs alliés et par leurs partenaires. Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé des sanctions supplémentaires, un embargo sur les armes et le spectre de la responsabilisation internationale de Kadhafi et de son entourage. Une aide humanitaire a été positionnée aux frontières de la Libye et les populations déplacées par la violence ont reçu notre aide. Kadhafi a été amplement averti du fait qu'il devait cesser sa campagne de répression, ou qu'il en serait tenu responsable. La ligue arabe et l'Union européenne se sont unies à nous pour appeler à la cessation de la violence.

Une fois de plus, Kadhafi a choisi de faire fi de la volonté de son peuple et de la communauté internationale. Bien au contraire, il a lancé une campagne militaire contre son propre peuple. Et que personne ne doute de ses intentions car il les a lui-même clairement exposées.

Depuis des décennies, il démontre sa propension à recourir à la force brute par son parrainage du terrorisme contre le peuple des États-Unis aussi bien que d'autres et par les tueries qu'il a commises à l'intérieur de ses frontières. Rien qu'hier, parlant de la ville de Benghazi, une ville d'environ 700.000 habitants, et je cite : « Nous serons sans merci, sans pitié » - aucune merci pour ses propres concitoyens.

Maintenant, voici pourquoi ceci nous importe. Livré à lui-même, il y a tout lieu de croire que Kadhafi commettrait des exactions contre son peuple. Des milliers de personnes pourraient mourir. Une crise humanitaire s'ensuivrait. La région tout entière risque de se déstabiliser et de mettre en danger un grand nombre de nos alliés et de nos partenaires. Les appels à l'aide du peuple libyen resteraient sans réponse. Les valeurs démocratiques que nous défendons seraient bafouées. En outre, les paroles de la communauté internationale resteraient lettre morte.

C'est pourquoi les États-Unis ont collaboré avec leurs alliés et partenaires afin de façonner une réaction internationale vigoureuse aux Nations unies. Notre objectif essentiel est clair : protéger des civils innocents à l'intérieur de la Libye, et tenir le régime de Kadhafi responsable.

Hier, en réaction à un appel à l'action de la part du peuple libyen et de la Ligue arabe, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution ferme exigeant la cessation des actes de violence contre les citoyens, autorisant le recours à la force avec un engagement explicite à employer toutes les mesures nécessaires pour arrêter le massacre, et comprenant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Cette résolution alourdit également nos sanctions et renforce l'embargo sur les armes à l'encontre du régime de Kadhafi.

À présent, Mouammar Kadhafi a de nouveau un choix. La résolution qui a été adoptée établit très clairement les conditions qui doivent être remplies. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et les États arabes ont décidé d'un commun accord qu'il faut obtenir immédiatement un cessez-le-feu. Cela signifie que toutes les attaques contre des civils doivent cesser. Kadhafi doit retenir ses troupes d'avancer sur Banghazi, les retirer d'Ajdabiya, de Misrata et de Zawiya, et assurer l'approvisionnement en électricité et en essence à toutes les régions. Il doit permettre à l'aide humanitaire de parvenir au peuple libyen.

Je tiens à le dire clairement : ces conditions ne sont pas négociables. Elles ne sont pas sujettes à négociation. Si Kadhafi ne se plie pas à la résolution, la communauté internationale imposera des conséquences, et la résolution sera appliquée par une action militaire.

Dans cet effort, les États-Unis sont prêts à agir dans le cadre d'une coalition internationale. Le rôle dirigeant des États-Unis est essentiel, mais cela ne signifie pas que nous devions agir seuls : cela signifie mettre en place les conditions permettant à la communauté internationale d'agir ensemble.

C'est pourquoi j'ai demandé au ministre de la défense Robert Gates et à nos forces militaires de coordonner leur plan et, demain, la secrétaire d'État Hillary Clinton se rendra à Paris pour participer avec nos alliés européens et nos partenaires arabes à une réunion sur l'application de la résolution 1973. Nous mettrons à profit les capacités uniques dont nous disposons pour faire stopper la violence contre les civils, notamment en donnant aux alliés européens et aux partenaires arabes la capacité de faire respecter efficacement une zone d'exclusion aérienne. J'ai la certitude que les hommes et les femmes de nos forces militaires sont capables d'exécuter cette mission. Une fois de plus, ils ont droit aux remerciements d'une nation reconnaissante et à l'admiration du monde.

Je voudrais également dire clairement ce que nous n'allons pas faire. Les États-Unis ne vont pas déployer de forces terrestres en Libye. De plus, nous n'allons pas employer la force au-delà d'un objectif bien défini, à savoir la protection de la population civile en Libye. Au cours des semaines à venir, nous continuerons d'aider le peuple libyen au moyen d'une aide humanitaire et économique afin qu'il puisse réaliser ses aspirations pacifiquement.

Certes, les États-Unis n'ont pas recherché ce dénouement. Nos décisions ont été motivées par le refus de Kadhafi de respecter les droits de son peuple et par le risque de tuerie en masse de civils innocents. Ce n'est pas une initiative où nous agirons seuls. En fait, nos alliés britanniques et français et les membres de la Ligue arabe se sont déjà engagés à assumer un rôle directeur dans l'application de cette résolution, de même qu'ils ont été d'actifs participants à son adoption. Nous assurons avec eux une coordination étroite. Et c'est précisément de cette façon que la communauté internationale doit agir à mesure que davantage de pays portent à la fois la responsabilité et le fardeau financier de l'application du droit international.

Ce n'est qu'un chapitre de plus dans les changements qui déferlent sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Dès le début de ces protestations, nous avons clairement souligné notre opposition à la violence. Nous avons clairement établi notre attachement à un ensemble de valeurs universelles ainsi que notre appui au changement politique et économique que les peuples de cette région méritent. Mais je tiens à souligner ceci : le changement dans la région ne saurait être et ne sera pas imposé par les États-Unis ou par une puissance étrangère quelconque. Au final, ce sont les peuples du monde arabe qui le forgeront. C'est à eux qu'appartiennent le droit et la responsabilité de déterminer leur destin.

Je voudrais terminer en disant qu'il n'y a aucune décision qui m'est soumise en tant que votre commandant en chef que j'examine aussi soigneusement que celle de demander à nos militaires hommes et femmes d'employer la force. Particulièrement en ce moment où notre appareil militaire combat en Afghanistan et met fin à ses activités en Irak, cette décision n'en est que plus difficile. Mais les États-Unis d'Amérique ne sauraient rester inactifs face à des actes qui minent la paix et la sécurité du monde. Aussi ai-je pris cette décision avec la pleine confiance que cette action est nécessaire et que nous ne la mènerons pas seuls. Notre objectif est précis, notre cause est juste et notre coalition est forte. Je vous remercie.

Didier ONANA ©mbolocameroon 94788688/70311128

 

17:46 Écrit par Bambino dans A L'ETRANGER, International, POLITIQUE, SOCIETE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libye, obama, population, guerre, troubles, soulèvements | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Journée mondiale de l'eau 2011

Journée mondiale de l’eau 2011 : Quelques statistiques

40 % de la population mondiale n'a pas accès à des installations sanitaires améliorées

Publié le 27 juill. 2010

En 2008, 2,6 milliards de personnes, soit 40 % de la population mondiale, n'avaient pas accès à des installations sanitaires améliorées. Or l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est indispensable à la santé. Chaque année, 1,5 million d'enfants meurent de maladies diarrhéiques imputables aux effets conjugués d'un assainissement insuffisant, d'un approvisionnement en eau insalubre et d'une hygiène défectueuse.

Réduire de moitié, d'ici 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès à des installations sanitaires de base : c’est l’une des cibles des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM). Les progrès sont lents et, si rien ne change, cette cible ne sera pas atteinte.

L’accès à des installations sanitaires améliorées

Même si le pourcentage de la population disposant d'un accès à des installations sanitaires améliorées est en hausse dans toutes les régions du monde depuis 1990, le nombre de personnes concernées en valeur absolue a augmenté en raison de la lenteur des progrès et de la croissance démographique. Le pourcentage de la population bénéficiant d’installations sanitaires améliorées est particulièrement bas en Afrique subsaharienne (31 %) mais c’est l’Asie du Sud qui abrite le plus grand nombre de personnes qui en sont dépourvues.

Accès installations sanitaires améliorées
Répartition des 2,6 milliards de personnes n'ayant pas accès à des installations sanitaires appropriées en 2008
40 % de la population des pays en développement n'ont pas accès à un système d'assainissement amélioré :

  • 17 % de la population pratiquent la défécation à l’air libre, qui constitue la pratique la plus à risque.
  • 11 % de la population utilisent un système d'assainissement non amélioré (soit des installations qui ne permettent pas d’éviter que l’utilisateur et son milieu immédiat n’entrent en contact avec les excréta).
  • 11 % de la population utilisent un système d'assainissement acceptable mais les installations sont communes (partagées par deux autres foyers ou plus, ou installations publiques).


Il existe des contrastes importants entre la couverture sanitaire urbaine et rurale. Dans les pays en développement, 70 % de la population urbaine utilisent un système d'assainissement amélioré, contre 40 % en milieu rural. Mais la situation varie en fonction des régions. L'écart de couverture sanitaire entre les populations rurales et urbaines est de 30 points de pourcentage ou plus en Amérique latine et dans les Caraïbes. L'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne présentent également d'importantes disparités avec un écart de 30 points alors que l'écart dans la région Asie de l'Est et Pacifique est de 10 points.

 

 

vendredi, 18 mars 2011

Retour sur le 8 mars 2011

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME 2011 AU CAMEROUN.

 

Les lampions de la célébration de la journée internationale de la femme se sont éteints ce mardi 08 mars 2011 sur toute l’étendue du territoire camerounais. Une tradition respectée avec toutefois, moins de dérives comme par le passé.

Didier ONANA

 

Du nord au sud, de l’Est à l’Ouest, musulmanes comme chrétiennes, noires ou blanches, handicapées ou valides, riches ou pauvres, marginalisées  ou    non,les femmes, du moins dans leur  immense majorité  n’ont pas été indifférentes à tout ce qui s’est fait. Même l’éternel problème du « fameux pagne du 8 mars », objet de toutes les discordes, de renforcement ou de maintien des relations dans les ménages ne sont pas restées inaperçues. Pendant une semaine voire plus, les femmes de toutes les structures professionnelles, en zone rurale comme urbaine  ont organisé ou participé à un nombre considérable d’activités. Celles-ci tournaient généralement autour du thème de cette année qui était : « Egalité d’accès à l’éducation, à la formation, à la science et à la technologie : la voie vers un travail décent pour les femmes ». Les activités sportives, culturelles et surtout le traditionnel et très attendu défilé du 8 mars ont complété ce tableau de manifestations.

           Pour la Cameroun Télécommunications (CAMTEL) Madame AYISSI la présidente de l’association des femmes et ses lieutenants a organisé une table ronde sur le harcèlement sexuel en milieu professionnel et universitaire. Le conférencier monsieur EBALE MONEZE Chandel , psychologue social a abordé tous les aspects d’un sujet qui parait tabou dans certains milieux. Nous y reviendrons. Outre une visite d’entreprise programmée et une session d’investissement humain, il y a eu une table ronde sur les femmes, les enfants et le VIH. La Coopération Allemande  GIZ à Yaoundé a organisé la 4è édition de « Filles et femmes fortes » avec sur la place de la communauté urbaine un défilé de mode. Une journée thématique sur le thème «  Accès aux emplois communaux, quelle stratégie pour promouvoir l’égalité des chances entre hommes et femmes ? Une sensibilisation sur le VIH /SIDA « Equal access and right to HIV information, care and support » à l’université de Yaoundé I.  A la chambre  d’agriculture «Women on the highway towards decent work: appropriating access to education, science and technology ». A suivi “ secteur vert pour un développement équitable : contribution de la femme” au Friedrich Ebert Stifung,  « Gestion économique responsable- développement durable : contribution de la femme, une marche sportive, une  autre journée thématique santé intitulée : « la santé de la mère : implication des hommes pour une maternité sans risque » puis un gala de clôture. Du côté de Nkoabang dans la banlieue est de Yaoundé les filles et femmes ont mené des activités classiques telles que citées plus haut. Nous avons rencontré Madame  Nsongka Sophie Solange, Human Ressource Assistant à la NFC Bank nous a donné son sentiment : « Cette journée donne à la femme la possibilité de pouvoir se battre pour ses droits dans son entreprise. Ceci se fait de plusieurs façons : l’assiduité au travail, la qualité, la ponctualité, l’ascension régulière. Comme toutes les autres femmes nous arborons les pagnes de la fête en ajoutant quelque chose de particulier. Nous avons au sein de notre entreprise tenu des réunions préparatoires et débattu de la situation de la femme dans une banque. Nous avons conclu après débats que le femme camerounaise s’en sort bien dans le secteur bancaire. »

           Plus loin, Madame Dorothy MVE de la Samaritan Insurance Company à Yaoundé, les choses se sont passées le plus simplement possible. Elles ont commencé par s’inscrire pour le défilé, puis ont suivi des réunions au sein de l’entreprise. Une table ronde sur le thème  de la journée a eu lieu. Une journée portes ouvertes s’est tenue au cours de la quelle tous les clients et potentiels de la Samaritan Insurance Company ont pris part et ont eu plus d’amples explications et des échanges fructueux. Les clients ont pu apprécier la place de la femme dans les assurances. Elle est là pour assurer la sécurité des personnes et des biens.   C’est la femme qui enfante l’humanité, assure dans son ventre la sécurité ? C’est ce que nous essayons de traduire par notre dynamisme en actes concrets par la représentation de toutes les classes dans l’environnement socio professionnel.

            C’est le même langage que nous tient sa collaboratrice madame ASABA Marylin qui ajoute toute fois que « C’est dans l’union qu’elles ont célébré. La gent masculine de la structure n’a pas été oubliée. Elle a pu les accompagner en respectant l’émulation qui règne entre le personnel. Il n’ y a pas de différence entre l’homme et la femme dans ce secteur. Ce que fait l’homme, la femme aussi peut le faire. Elle le fait parfois mieux. Le femme assureur  doit savoir se valoriser et montrer son savoir faire. »

            Madame NZINI Mariette, une commerçante du marché de Mvog-mbi à Yaoundé, recommande à ses sœurs de « ne pas prétendre se mesurer à l’homme, mais de prendre véritablement leur place. Elles doivent s’épanouir en gardant leur dignité. Elles doivent reconnaître leurs droits, réfléchir sur l’éducation et l’avenir de leurs enfants, épauler l’homme et non tout attendre de ce dernier. La femme se distingue suffisamment déjà par son habileté à exécuter les mêmes taches que l’homme. Vous pouvez apprécier mes œuvres qui prouvent tout ce que je vous dis. »

              Les femmes de l’hôtel Hilton ont choisi entre autres activités, choisi de faire un don au Foyer des enfants aveugles du Colonel Daniel de Rouffignac. Des sacs de riz, des pâtes alimentaires, des boissons gazeuses, de l’huile, du savon et bien de produits de première nécessité. Ce que ces enfants ont apprécié à la juste valeur en donnant tout ce qu’ils avaient dans le cœur. Des chants, des poèmes et un « MERCI ».

 

Didier  ONANA ©mbolo Cameroon 22114587 /70311128 /94788688

jeudi, 17 mars 2011

Journée mondiale de l'eau:Eau pour les villes: un défi urbain

Journée Mondiale de l’eau

 

 

En prélude à la célébration de la journée mondiale de l’eau le 22 mars prochain, nous engageons la publication d’une série d’articles sur notre blog. Voici une interview d’une personne ressource.

Pourquoi la question de l’eau a-t-elle pris tant d’importance sur l’agenda mondial?

Carlos R. Carrión-Crespo: De bien des manières, l’accès à l’eau est une des voies essentielles pour réduire la pauvreté. Garantir l’accès à l’eau permettrait de prévenir plus de deux millions de décès par an, d’augmenter la capacité à travailler de nombreuses personnes et de réduire le travail des enfants et l’absentéisme scolaire. Récemment, davantage d’attention a été accordée à la nécessité de s’adapter au changement climatique parce qu’il affecte notre capacité à fournir de l’eau potable à tous. C’est pourquoi l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré en 2010 que l’accès à l’eau potable était un droit de l’homme.

Comment l’OIT peut-elle contribuer à apporter une eau propre et saine aux communautés?

Carlos R. Carrión-Crespo: Satisfaire les besoins croissants en matière d’eau et d’assainissement, en particulier dans les villes, est l’un des problèmes les plus criants de ce siècle. Employeurs et travailleurs prennent une part active dans la distribution d’eau. L’OIT encourage vivement la participation des travailleurs et des employeurs aux réformes du service public de l’eau et à la création d’emplois dans les infrastructures nécessaires à la gestion de l’eau. Les réformes de l’approvisionnement en eau qui prennent en compte les dimensions sociales du problème remportent un large soutien de la part des travailleurs, des employeurs et des citoyens. Qui plus est, ces activités peuvent contribuer à lutter contre le travail des enfants en facilitant l’accès à l’eau.

Quels sont les liens spécifiques qui existent entre l’eau et le monde du travail?

Carlos R. Carrión-Crespo: Les liens sont nombreux. Pour n’en citer que quelques-uns: un accès insuffisant à l’eau est un frein à l’activité économique et à l’éducation; le changement climatique a un impact considérable sur les ressources en eau, et sur l’emploi et les revenus qui en découlent; les maladies qu’engendre une eau de mauvaise qualité réduisent la productivité et pèsent sur le système de santé d’un pays. D’un autre côté, si l’on garantit véritablement la mise à disposition d’infrastructures pour l’eau en zone rurale, on améliore l’accès aux moyens de subsistance. De plus, des emplois verts peuvent être créés en améliorant les infrastructures liées à l’eau, y compris les activités forestières.

Quelles sont les conséquences de l’accès à l’eau sur l’éducation et le travail des enfants?

Carlos R. Carrión-Crespo: Quand l’accès à l’eau potable n’est pas garanti, c’est aux femmes et aux enfants qu’incombe l’essentiel des corvées d’approvisionnement en eau. En améliorant l’accès aux services de base, on se dote d’un puissant outil pour réduire le travail des enfants et améliorer leur taux de scolarisation. Deux types de services semblent particulièrement concernés dans ce contexte – l’eau et l’électricité. L’absence d’accès à l’eau valorise le temps que les enfants passent hors de l’école parce que l’on a besoin d’eux pour prendre en charge la collecte de l’eau ou pour aider à couvrir les frais d’approvisionnement en eau. Des études par pays, menées en El Salvador, au Ghana, au Guatemala, au Maroc et au Yémen, ont montré que le pourcentage d’enfants travaillant à temps plein est bien plus élevé et le taux de présence à l’école à temps plein bien plus faible chez les enfants vivant dans des foyers qui n’ont pas accès à l’eau ni à l’électricité.

Quelle est la contribution de l’OIT à la Journée mondiale de l’eau?

Carlos R. Carrión-Crespo: A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2011, ONU-Eau va organiser un événement planétaire centré sur la gestion urbaine de l’eau: l’OIT va mettre en exergue la contribution du monde du travail à des solutions de long terme à cet égard. Plus précisément, nous allons organiser une activité dédiée à la Journée mondiale de l’eau le 18 mars à Tagaytay, aux Philippines. Pendant cet événement, l’OIT présentera un plan d’action qui permettra aux travailleurs et aux employeurs de participer à la réforme du secteur de l’eau aux Philippines. Le plan va étudier la manière dont les entreprises du service public de l’eau peuvent être les partenaires des associations d’employés afin de trouver des façons concrètes d’établir un partenariat efficace en vue de créer des services publics de qualité.

Qu’en est-il des activités de l’OIT liées à l’eau dans d’autres pays?

Carlos R. Carrión-Crespo: L’OIT travaille avec les gouvernements à l’identification des priorités pour investir dans des infrastructures qui créent des possibilités d’emploi et apportent l’eau aux communautés. L’OIT aide aussi les gouvernements, les travailleurs et les employeurs à promouvoir des réformes durables et participatives de la distribution d’eau dans des pays comme le Nigéria, le Malawi et le Pérou afin d’améliorer l’accès à l’eau potable.

Qui plus est, le Programme Emplois verts de l’OIT participe aux efforts déployés à l’échelle internationale pour le développement durable – dans le cadre des discussions sur Rio +20 et la CCNUCC – pour s’assurer que les dimensions sociales et d’emploi soient prises en compte. En particulier, l’OIT encourage une «juste transition» des travailleurs et des ménages vulnérables vers un monde du travail transformé par le changement climatique et d’autres défis environnementaux.


Un partenariat entre un organisme américain et des Éthiopiens apporte l'eau dans des villages.

Source : site de l’OIT

Mbolo Cameroon 22114587/94788688/70311128

Etienne Didier ONANA

Par Karen Calabria
Correspondante

New York - Quand Lori Pappas arriva il y a trois ans dans la vallée du fleuve Omo, dans le sud-ouest de l'Éthiopie, la première chose qu'elle entreprit fut d'évaluer les puits d'eau en fonctionnement dans la région.

« Nous avions trouvé 129 puits creusés au cours de la décennie écoulée. Mais moins d'une dizaine d'entre eux fonctionnaient encore », a déclaré Mme Pappas, ancienne informaticienne et fondatrice de l'organisation caritative Global Team for Local Initiatives (Équipe mondiale pour des initiatives locales ou GTLI de son sigle anglais).

« D'autres organismes ont creusé des puits mais sans fournir à la population une formation pour pouvoir les réparer ou gagner de l'argent pour acheter des pièces de rechange », a-t-elle souligné.

C'est exactement le changement que Mme Pappas et GTLI cherchent à apporter en Éthiopie. Au cours des dix dernières années, le gouvernement éthiopien a redoublé d'efforts pour accroître l'accès à l'eau potable de ses 91 millions de citoyens. Cela s'est traduit par une amélioration remarquable du nombre d'Éthiopiens ayant accès à de l'eau salubre, passant de moins de 20 % de la population en 2000 à 68,5 % aujourd'hui, selon une récente étude gouvernementale. Cependant, l'eau propre demeure rare dans la plupart des régions reculées du pays.

Dans la vallée du fleuve Omo, par exemple, où les 46.500 membres de l'ethnie Hamar, autrefois nomades, se heurtent à un terrain inhospitalier et aux conséquences des changements climatiques, les femmes et les filles passent plusieurs heures par jour à chercher de l'eau. Le puits le plus proche est souvent un trou profond creusé dans le lit d'une rivière saisonnière où l'eau est polluée par des matières fécales.

La situation fait que 92 % des Hamars qui vivent à Itu et Galcide, deux villages reculés du secteur sur lequel la GTLI se focalise, souffrent de maladies hydriques et infectieuses qu'il est possible de prévenir, selon l'enquête initiale de l'organisation.

Grant Meiner, du Nor'wester Rotary Club de Port Angeles (État de Washington), a joué un rôle crucial dans le financement de la GTLI, de concert avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et plusieurs autres bailleurs de fonds. Il ne mâche pas ses mots quand il affirme que la situation est urgente.

« C'est une tribu de gens qui ont besoin d'aide, désespérément et immédiatement. Ils ont été contraints à devenir sédentaires et n'arrivent pas à s'adapter. Cela a entraîné des pertes humaines et pourrait mener (...) à leur extinction », a dit M. Meiner.

Mais comment peut-on susciter des changements dans le comportement d'un peuple qui pratique depuis des siècles les mêmes coutumes ancestrales - un peuple terre à terre qui se sent à l'aise et pense avoir raison ?

Trouver les réponses à cette question est la force motrice de GTLI.

« GTLI comprend à quel point notre culture est difficile, les nombreuses responsabilités que les anciens doivent assumer et l'importance du respect à l'égard des enseignements de nos ancêtres », a déclaré Bali Sudu, un sage Hamar, en parlant du partenariat forgé entre la GTLI et sa communauté.

Bien que les membres de la GTLI aient réussi à creuser trois puits à ce jour, l'aspect le plus important de leur travail est la communication avec les Hamars, a dit la directrice exécutive de l'organisme, Mme Robin Simons. Des présentations sur l'amélioration de l'hygiène et les pratiques sanitaires, faites par des Hamars formés par la GTLI, contribuent à assurer que les puits continueront à fonctionner de manière salubre.

« La partie la plus cruciale du projet n'est pas la construction des puits mais la formation sanitaire et hygiénique. Creuser des puits ne fournit pas de l'eau propre à long terme. Les puits cessent de fonctionner, l'eau devient polluée », a-t-elle dit. La clé de la durabilité est une collectivité déterminée à protéger sa santé, a ajouté Mme Simons.

Et son organisation, qui ouvre sur le terrain depuis 2009, a pu observer des changements dans le comportement des communes qu'elle sert.

Pour Ama Oita, une chef d'entreprise Hamar, le fait que la GTLI ouvre de concert avec la communauté sans imposer simplement ses propres traditions, explique pourquoi « les Hamars feront ce que l'organisation leur dit qu'il est bon de faire ».

« Ils ont été très réceptifs parce que nous avons passé beaucoup de temps sur le terrain à gagner leur confiance et avons travaillé de pair avec les ancêtres. Très souvent, les organisations arrivent et donnent de l'argent aux gens pour apprendre. Nous ne faisons pas cela. Nous les aidons à s'aider eux-mêmes », a dit Mme Pappas.

MboloCameroon 22114587/ 70311128/94788688

Etienne Didier ONANA

Source : site du gouvernement américain